Qui était Martin Luther ?

Pour le 500e anniversaire de la Réforme protestante, le Pape et plusieurs diocèses ont tenu à rendre hommage à Martin Luther, l’auteur de cette réforme. Pour savoir s’il est adéquat d’honorer ce personnage, permettons-nous une brève biographie de Luther.

QUI ÉTAIT MARTIN LUTHER ?

Luther naquit en Allemagne en 1484. La foudre ayant tué un de ses compagnons pendant qu’il se promenait avec lui, il fut tellement frappé de cette mort qu’il entra chez les religieux Augustins. Là, il lut les livres de l’hérésiarque Jean Hus et conçut une haine violente contre l’Église romaine. Ardent, impétueux, plein de lui-même, il répandit bientôt sa bile et son poison dans des thèses qu’il fit soutenir en 1516. Le pape Léon X ayant fait publier une indulgence en faveur de ceux qui contribueraient à l’achèvement de l’église de Saint-Pierre à Rome, Luther leva le masque et attaqua les indulgences, puis la liberté de l’homme, puis la confession, puis la primauté du Pape, puis les vœux monastiques. Le souverain Pontife condamna ses erreurs dans une bulle de 1520. Pour toute réponse à cette bulle, le moine apostat la fit brûler publiquement à Wittemberg.

Ce fut alors qu’il publia son livre De la captivité de Babylone. Après avoir déclaré qu’il se repent d’avoir été si modéré, il expie sa faute par toutes les injures que le délire le plus emporté peut fournir à un hérétique. II exhorte les princes à secouer le joug de la papauté; il supprime tout d’un coup quatre sacrements. Comme ces audacieuses tentatives excitaient de vives réclamations, Luther, afin de se donner un air de bon droit, prit pour juge la faculté de Théologie de Paris, dont il avait toujours révéré la profonde science. La faculté le condamna d’une voix unanime. Le moine hérétique entra en fureur et vomit contre elle de grossières injures.

Henri VIII

Dans le même temps, Henri VIII, roi d’Angleterre, publia contre lui un ouvrage qu’il dédia au pape Léon X. Cet écrit valut au prince anglais le titre de défenseur de la foi que ses successeurs ont conservé et gravé sur leurs monnaies. Luther furieux eut recours à sa réponse ordinaire, les injures. Voici un échantillon des aménités et des politesses qui découlaient de sa plume : « Je ne sais si la folie elle-même, disait-il, peut être aussi insensée que la tête du pauvre Henri. Oh! que je voudrais bien couvrir cette majesté anglaise de boue et d’ordure; j’en ai bien le droit; venez, monsieur Henri, je vous apprendrai.»

Renfermé dans un château, sous la protection de Frédéric, électeur de Saxe, le fougueux apôtre écrivait toutes les folies qui lui passaient par la tête. Il dit entre autres qu’il avait eu une conférence avec le diable, et que celui-ci lui avait révélé que pour se sauver il devait supprimer les messes basses; et il écrivit contre les messes basses.

Cependant, Luther était trop resserré dans son château pour y rester plus longtemps. II se répandit dans l’Allemagne et pour avoir plus de sectateurs, il dispensa les Prêtres, les religieux et les religieuses du voeu de continence, dans un ouvrage où la pudeur est offensée en mille endroits. Après avoir fait un appel à l’impudicité, Luther en fit un à l’avarice : il publia un ouvrage en 1522, intitulé : Traité du fisc commun. Il engageait les princes à s’emparer des revenus de tous les monastères, des évêchés, des abbayes, et en général de tous les bénéfices ecclésiastiques. L’appât du butin fit plus de prosélytes à Luther que tous ses livres. Son parti se grossit rapidement de tout ce qu’il y avait d’hommes impurs et de princes ambitieux : il s’étendit dans une grande partie de l’Allemagne.

Le fondateur du nouvel Évangile quitta vers ce temps-là le froc d’Augustin, et l’année d’après, 1525, il épousa une religieuse qu’il avait fait sortir de son couvent. Bientôt il donna au monde chrétien un spectacle encore plus étrange! Il accorda publiquement à Philippe, landgrave de Hesse, la permission d’épouser deux femmes.

Charles Quint

L’empereur Charles-Quint, affligé de ces excès scandaleux, convoqua une diète ou assemblée de princes allemands, à Spire, en 1529. Les Luthériens y acquirent le nom de Protestants, pour avoir protesté contre le décret de la diète qui ordonnait de suivre la Religion de l’Église catholique. Luther n’en devint que plus fougueux. Chaque année il publiait quelque nouvel écrit contre le souverain Pontife, ou contre les princes ou les théologiens catholiques. Voici un nouvel échantillon de son style : il appelait Rome la racaille de Sodome, la prostituée de Babylone ; le Pape un scélérat qui crachait des diables, les Cardinaux des misérables qu’il fallait exterminer. « Si j’étais maître, écrivait-il, je ferais un même paquet du Pape et des Cardinaux pour les jeter tous ensemble dans la mer ; ce bain les guérirait, j’en donne ma parole, j’en donne Jésus-Christ pour garant. » Quant aux théologiens catholiques, il en parle avec la même douceur ; ses injures les plus légères sont : bête, pourceau, épicurien, athée, etc. Il était avec ses propres sectateurs aussi emporté qu’avec les Catholiques : il les menaçait, s’ils continuaient de le contredire, de rétracter tout ce qu’il avait enseigné, menace bien digne d’un apôtre du mensonge. Les disciples de Zwingli, ayant eu le malheur de lui déplaire, il dit : « Le diable a pris possession d’eux ; ce sont des gens endiablés, superendiablés, perendiablés ; leur langue n’est qu’une langue de mensonge, remuée au gré de Satan, infusée, transfusée de son venin infernal. » Enfin, dans sa fureur, il se disait des injures à lui-même : il disait qu’il était rempli de diables, qu’il était satanisé, persatanisé, etc. D’un apôtre de la vérité est-ce là le langage ?

Depuis son apostasie, sa vie se passa en déclamations furibondes et en débauches. On conserve encore une Bible, à la fin de laquelle on voit une prière en vers allemands, écrite de la main de Luther, dont le sens est : « Mon Dieu, par votre bonté, pourvoyez-nous d’habits, de chapeaux, de capotes et de manteaux, de veaux bien gras, de cabris, de boeufs, de moutons, de génisses et de tous les moyens de satisfaire nos passions… Bien boire et bien manger est le vrai moyen de ne pas s’ennuyer. » Cette prière, où l’indécence, l’impiété, la luxure, la gourmandise, se disputent la palme, donne une juste idée du chef de la prétendue réforme. Il mourut en 1546, à soixante-deux ans.

Moine apostat et corrupteur d’une religieuse, ami de la taverne et de la bonne chère, impie et bouffon, qui mit le premier l’Église en feu sous prétexte de la réformer , et qui, pour preuve de son étrange mission, laquelle demandait certainement des miracles du premier ordre, présenta, comme Mahomet, les succès du sabre, le progrès du libertinage, les excès de la discorde, de la révolte et de la cruauté, du sacrilège et du brigandage : tel fut Luther.

Mgr Gaume, Catéchisme de Persévérance, Tome 6, p.266.

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