Lettres du Père directeur de la M.I.

Voici l’ensemble des lettres du Père directeur de la Milice de l’Immaculée d’observance traditionnelle :

Lettre n° 09 du Père Directeur de la M.I. – 2018, Du Cœur Immaculé de Marie au Sacré Cœur de Jésus – 30 décembre 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée !
L’année du jubilé 2017 touche à sa fin. Beaucoup se demandent ce qui est arrivé cette année. Beaucoup espéraient une intervention spéciale du ciel, pareille au miracle du soleil il y a 100 ans à Fatima. D’autres désiraient ardemment que le troisième secret de Fatima fût révélé en entier et nous souhaitions tous tant que cette année la Russie fût consacrée au Cœur Immaculé de Marie.
Tous ces espoirs furent anéantis. Au contraire, on pourrait dire que les choses n’ont jamais semblé aussi perdues dans l’Eglise. Ainsi on peut craindre que Fatima soit plus ou moins oubliée par beaucoup après cette année.
Mais ceux qui regardent d’un peu plus près doivent avouer que l’Immaculée a beaucoup travaillé durant cette année de jubilé. Au début de cette année, il y avait environ 20.000 chevaliers dans la MI et à la fin de celle-ci, nous sommes reconnaissants de voir que l’Immaculée a répondu à nos prières et a béni nos efforts en rassemblant 100.000 chevaliers autour d’elle.
La pérégrination de Notre Dame de Fatima à travers les Philippines a donné à ce pays d’innombrables grâces, souvent associées aux miracles réels de sa miséricorde. Dans de nombreux pays, la MI s’est épanouie, de pair avec une vie mariale plus profonde pour de nombreux fidèles. Jamais il n’y eut tant de contacts avec des prêtres et des religieux qui, attirés par le mystère de Fatima, ont approché la Tradition.
Si nous regardons d’encore plus près, il y a une grâce très spéciale que l’Immaculée nous a donnée : quiconque a fait un sérieux effort cette année, a été introduit plus en avant dans le mystère de son Cœur. Combien avons-nous reçu de témoignages de ce genre : « Jamais auparavant n’avais-je compris Marie si profondément…. Jamais auparavant n’ai-je fait autant l’expérience de son amour que cette année … Plus que jamais, je réalise combien elle est nécessaire dans ma vie entière… Mieux encore qu’auparavant, je pus vivre ma consécration à Elle ! »
Cette année de Fatima fut la révélation de ce qui est le plus précieux en Marie : son Cœur Immaculé, plein de grâce ; son Cœur donné à nous, ce qui signifie qu’elle souhaite donner à chacun des grâces de conversion et de sanctification ; elle veut nous tirer en dehors d’une vie de péchés et nous mener vers la sainteté. Le centenaire de la Militia Immaculatae n’a pas seulement suscité de nombreux nouveaux chevaliers mais il a aussi montré à tous les chevaliers combien ils peuvent faire confiance à leur Reine. A travers celle qui est l’Epouse du Saint Esprit, tous les dons et les fruits de celui-ci sont placés dans nos cœurs. Quiconque l’a approchée cette année est revenu plein d’émerveillement envers sa grandeur et sa majesté, envers son pouvoir royal, son amour maternel et sa grande miséricorde.
Mais il serait erroné de penser : « Nous avons assez médité sur Marie, et maintenant il faut quelque chose d’autre. » « Tout était centré sur Fatima l’année dernière, maintenant il faut changer. »
AU CONTRAIRE : en pénétrant dans les profondeurs du Cœur Immaculé de Marie, nous découvrons le secret de Son Cœur Maternel. Quel est-il ? Toute la gloire et l’honneur qui lui sont faits, elle doit nécessairement les transférer à son Fils : le désir le plus profond du Cœur Immaculé et l’objectif même de tous les sanctuaires et apparitions de Marie sont de nous introduire dans le mystère du Sacré Cœur de son Fils.
Et ceci nous amène à la nouvelle année 2018, qui doit devenir un voyage de découverte, à proprement parler, durant lequel l’enfant peut trouver le plus grand trésor et la perle la plus précieuse sous la conduite de sa mère. Elle a seulement un souhait : nous plonger dans le Cœur de Dieu, qui nous révèle la largeur et la longueur, la hauteur et la profondeur de Son amour (cf. Eph 3 :18). En fait, personne n’a mieux compris et aime mieux et plus profondément le Sacré Cœur de Jésus que Marie. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucun autre accès au mystère très profond du Sauveur que par le Cœur Immaculé de Marie.
Et nous ne cesserons jamais de nous émerveiller quand nous découvrirons qui est vraiment Jésus, quel est le mystère de SON Cœur. C’est seulement quand nous serons complétement dans le Cœur de Marie, que le Christ nous révélera Ses plus profonds secrets qu’Il a réservés aux petits et aux humbles.
Nous devons alors éviter de concevoir les deux dévotions comme côte-à-côte : d’un côté, la dévotion au Cœur de Marie et de l’autre le culte du Cœur de Jésus ! Non, le vrai regard est le suivant : toujours et entièrement Marie, toujours en elle et à travers elle Jésus ! St Maximilien Kolbe a vu, vécu et enseigné ceci très clairement (voir la prière de consécration à la MI et les conférences en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus).
Et ainsi la résolution de nouvelle année No. 1 :
– Toujours avec Marie, totalement dépendant d’elle, totalement abandonné à elle, complétement son enfant, esclave et chevalier proche du cœur de Jésus ;
– Développer la dévotion au Cœur de Jésus avec Marie (Vendredi du Sacré Cœur, Mois du Sacré Cœur, Fête du Sacre Cœur, etc.) ;
– Cette année, faire solennellement ou renouveler la consécration entière à Jésus par Marie selon St. Louis Marie Grignon de Montfort (par exemple le 25 mars) ;
– Tendre ses efforts vers le triomphe du Cœur Immaculé pour donner au Christ Roi la plus grande gloire, proclamant et diffusant la royauté universelle et sociale du Sacré Cœur de Jésus ;
– Plus que jamais, être les chevaliers et les instruments de l’Immaculée Conception pour sauver autant d’âmes déchues que possible et les mener au très Saint Cœur de Jésus (voir l’acte de consécration de la MI).
Mais nous devons aller encore plus loin: quand ces deux Cœurs les plus saints seront devenus une réalité pour nous, quand nous serons vraiment devenus fidèles aux cœurs de Jésus et de Marie, nous serons introduits à une réalité encore plus profonde, qui est, l’union des deux Cœurs. Si nous avons la possibilité de reconnaître et d’aimer des choses aussi ineffablement profondes, si nous pouvons voir comment ces deux Cœurs se tournent l’un vers l’autre dans un amour indescriptible, s’unissent, fusionnent, quand nous regardons la relation de ces deux Cœurs l’un envers l’autre, que faire sinon se plonger dans le silence de l’adoration ?
Ici nous contemplons le pinacle de l’AMOUR : dans le très Saint Cœur de Jésus, tout l’amour de Dieu pour le monde est révélé, dans le Cœur Immaculé de Marie, tout l’amour de la créature pour Dieu est révélé ! Les cœurs unis sont le symbole de l’union éternelle de Dieu et de la créature. Le triomphe de l’amour !
Et ici nous avons aussi atteint l’essence de la Militia Immaculatae, que nous souhaitons présenter aux chevaliers pour une contemplation affectueuse pendant l’année 2018. Quand nous regardons l’emblème de la MI, nous voyons les cœurs de Jésus et de Marie et la MI au milieu de ces deux cœurs !
Vient ainsi la résolution No. 2 :
– Par Marie vers Jésus, mais aussi avec Jésus vers Marie! Ce cercle de l’un à l’autre, cette fécondation croisée, est dépeinte de manière très belle et très profonde dans le livre de l’Abbé Emil Neubert « Mon Idéal Suprême, Jésus, le Fils de Marie ». Cette année, nous voulons garder ce livret à la main et le parcourir encore et encore ;
– Je suis conscient du fait que la chose la plus importante que moi, en tant que chevalier, je peux apporter à l’humanité est décrite ici : je suis heureux de porter le badge de la MI et d’honorer la bannière de la MI et de m’unir à l’apostolat de la MI ;
– Jeûner une fois par mois, si possible en l’honneur des Cœurs unis de Jésus et Marie, car le jeûne est la source de nombreuses grâces pour nous et pour les âmes qui nous sont confiées. Chaque premier vendredi du mois (dédié au Sacré Cœur) pourrait devenir jour de jeûne de la MI (sur une base volontaire) ;
– Par la pratique constante de « se garder pur et sans tâche dans ce monde » (Jacques 1 :27). La prière qui exprime l’amour de Jésus et Marie mais aussi des âmes est particulièrement recommandée : Jésus, Marie, je vous aime, sauvez les âmes !
Et ainsi, en 2018, non seulement nous n’oublierons pas les trésors du message de Fatima et de la MI, mais nous le contemplerons plus en profondeur et le mettrons davantage en pratique, car tout ceci nous a été donné pour rendre à Dieu la plus grande gloire et pour mettre le plus d’âmes possibles aux pieds du Cœur de Jésus à travers l’Immaculée !
Singapour, le 30 décembre 2017
Abbé Karl Stehlin, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Lettre n° 06 du Père Directeur de la M.I. – Mamusia, petite mère, et “Reine des cieux et de la terre” – 31 mai 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée !

Chaque fois que St. Maximilien Kolbe parle de Notre-Dame, il utilise habituellement les mêmes titres: “Immaculée”, “Mère Céleste” (à laquelle il s’adresse par un surnom affectueux, Mamusia, qui signifie petite mère) ainsi que “Reine des cieux et de la terre”.

Nous voudrions étudier ces deux derniers titres un peu plus en détail, car c’est effectivement le but et la plus grande aspiration du Chevalier que de continuellement mieux connaître et aimer l’Immaculée et que tous puissent de la même manière La connaître et L’aimer.

Tous les fervents catholiques prient et chantent Notre-Dame en tant que Mère et Reine, et ainsi il pourrait sembler superflu de passer du temps sur ces faits évidents par eux-mêmes.

Néanmoins, j’oserais dire que nous utilisons des mots ici que nous ne comprendrons jamais dans leur portée totale.

Que signifie « être mère » ? Une bonne mère est entièrement accaparée par son enfant, l’aimant de tout son cœur et voulant lui donner tout ce qu’elle-même possède. Elle donne naissance à l’enfant, le nourrit, l’habille, s’assure de son bien-être physique et spirituel, l’éduque et lui apprend la vie. Elle protège l’enfant des dangers et se sacrifie simplement pour que l’enfant soit en bonne santé et heureux.

Si nous transposons tout cela à Notre-Dame, alors nous devons être convaincus qu’ELLE n’est pas seulement et très probablement une mère de ce genre, mais plutôt que sa maternité dépasse presqu’infiniment ces termes et conditions. St. Louis-Marie a tenté d’expliquer l’amour de Notre-Dame pour Ses enfants de la manière suivante: “Elle les aime tendrement, plus tendrement encore que toutes les mères du monde entier réunies. Prenez l’amour maternel de toutes les mères du monde pour leurs enfants. Versez tout cet amour dans le cœur d’une seule mère pour un unique enfant. Cet amour maternel serait certainement immense. Pourtant l’amour de Marie pour chacun de ses enfants est encore plus tendre que l’amour de cette mère pour son enfant.” Réfléchir à ces mots est suffisant pour vous donner le tournis ! Et ici, nous nous approchons du secret, de ce que cela signifie vraiment ; pas juste comme sainte Monique aimait saint Augustin, pas même 10 fois plus, mais des millions de fois plus.

Et c’est exactement la même chose pour nous quand il s’agit de ces titres célèbres, par exemple “Mère du Perpétuel Secours” : à tout moment du jour et de la nuit, dans toutes les situations, Notre-Dame aspire à attribuer toute son aide, son pouvoir et sa grâce, toute la lumière et l’abondance, à notre intention. Ou “Mère du Bon Conseil” : pas seulement de temps en temps un bon conseil, mais à chaque instant et dans toutes les situations et tous les événements, Elle offre la lumière et la compréhension de ce qui doit être fait ou évité.

Nous pourrions continuer ainsi pour tous les titres de Notre-Dame et à chaque fois être choqués de voir le peu que nous connaissons d’ELLE, et en réalité de son amour de mère.

Ainsi, il est impératif que nous prenions la décision de nous corriger en permanence ; en d’autres termes, nous devons regarder plus en profondeur dans SON cœur et LUI demander de nous guider dans le secret de SON cœur ! Et c’est exactement l’essence de la dévotion à Son Coeur Immaculé!

Il n’y a rien de plus intime que la relation d’une mère à son enfant et, dans ce sens, Notre-Dame souhaite être plus proche de nous que la meilleure des mères, et même plus proche de nous que le sont les enfants de toutes les meilleures mères du monde. Elle souhaite nous rendre plus proches d’elle et de faire un seul cœur et une seule âme avec elle. Mais si nous vivons cette réalité, nous courons le risque de ne pas voir la réalité entière de Notre-Dame. De manière imperceptible, notre amour juvénile pourrait devenir sentimental ou alors nous ramènerions la mère à notre niveau, car ELLE est si proche de nous. En faisant cela, Notre-Dame serait considérée de manière trop humaine ; ELLE ne serait, en quelque sorte, qu’un degré plus haut que notre urement naturel niveau de compréhension de la relation mère-enfant.

Ainsi le titre “Mère”, aussi vaste et impénétrable qu’il soit, ne dit pas tout du Secret de Marie. Il est complété par l’aspect de “Reine”. Ici, en particulier, est exprimée l’autorité, le pouvoir de Notre-Dame sur tous ses sujets; mais également l’aspect de la défense de la patrie et de toutes les institutions, car l’autorité royale exprime toujours le plus grand pouvoir militaire qui protège les sujets des ennemis et combat les assaillants.

Avec Notre-Dame, c’est l’aspect complémentaire de sa dignité royale, particulièrement la compréhension de sa MAJESTE, qui plus que pour toute créature prend part à l’infinie Majesté, la toute puissante et accommodante Sagesse de Dieu. Essayons d’imaginer le pouvoir et la majesté que même un seul ange possède. Et il existe autant d’anges gardiens qu’il y eut d’hommes sur terre jusqu’à présent et y aura jusqu’à la fin du monde. Mais ceux-là sont seulement le niveau le plus bas de la hiérarchie des cieux. A la tête de ce nombre inimaginable et presque infini d’esprit célestes exaltés se trouve l’Archange saint Michel. Et ainsi la totalité des anges se jettent aux pieds de leur Reine, se considérant comme poussière devant SA MAJESTE. Nous pouvons dire la même chose des saints. Quiconque médite à ce sujet un peu plus en profondeur ne cessera jamais de s’émerveiller: “COMME VOUS ETES GRANDE, O MARIE !”

Et qui suis-je, misérable ver et indigne rien, comparé même simplement à un saint ou un ange ? Et ici, je contemple tous les anges et les saints s’agenouillant à SES PIEDS, chantant “Regina Caeli Laetare, Ave Regina Caelorum, Ave Domina Angelorum etc.” Comment puis-je même oser regarder ses pieds, et encore moins la regarder dans les yeux ?!

Nous devons être pénétrés par la majesté royale et la grandeur inexprimable de l’Oeuvre de Dieu, à côté de laquelle toutes les autres oeuvres ressemblent à un tas de pierres comparé à une montagne presque infiniment élevée !

Ainsi il n’est pas aisé de s’unir à ces deux réalités: la plus tendre des mères et la formidable reine ! Nous devons donc toujours méditer sur ces deux vérités afin d’éviter de tomber dans l’extrême : que nous, d’un côté, de par sa majesté, ayons peur de l’approcher et de l’autre côté qu’une intimité trop grande nous fasse oublier que notre “chère petite mère” est la Dame de l’Univers aux pieds de laquelle Dieu a tout placé et toutes créatures.

Mais dans ce cas que doit être notre relation à Marie, la “mater et domina” ? Très simple: si nous faisons l’effort, toujours et complètement, d’être ses enfants obéissants, alors elle se révélera encore plus à nous, comme la “Maman-des-Cieux” infiniment aimante qu’elle est. Mais en même temps nous devons reconnaître en toute chose que nous sommes ses sujets, qui devons obéir à la reine tels des esclaves et ne rien faire, penser ou dire quoi que ce soit sans son consentement.

Centenaire de la M.I.

Que veut donc alors notre Reine de nous? Quelle mission donne-t-elle à ses enfants et sujets?

Dans toutes les batailles de Dieu la Commandante-en-chef est entourée par ses hôtes : tous les saints de tous les temps ont compris cet appel du Roi et de la Reine et pour cette raison, nous avons reçu un sacrement spécial, qui nous permet de suivre cet appel: la Confirmation ! Le Saint-Esprit et Ses sept présents nous ont été accordés pour, d’un côté porter en nous à la perfection l’oeuvre de Rédemption du Christ, et de l’autre nous permettre de prendre part à la construction du Corps Mystique du Christ ; en d’autres termes, pour vivre notre plus profond appel et remplir la mission que la Providence Divine nous a assignée. Et cette mission consiste à être les soldats et les instruments du Christ et de sauver autant d’âmes de la damnation éternelle. Mais le Christ désigna Sa mère, la Reine des Cieux et de la Terre, afin de mener les batailles de Dieu et écraser la tête du diable. Il veut que tous les membres du Corps Mystique soient sujets de cette Reine, et rejoignent SON armée et remplissent la mission de leur vie : donner à Dieu la plus grande gloire et sauver autant d’âmes possible.

D’après les révélations de Notre-Seigneur cependant, il viendra un temps où la bataille fera rage à son apogée, c’est-à-dire à la fin des temps de l’histoire du monde. Et en ce temps, l’ennemi, à qui il ne restera plus grand chose, dans une rage augmentée redoublera ses attaques quotidiennes et (bien sûr, en vain) tentera de vaincre la Reine. Mais il réussira une chose: il emportera de nombreuses âmes de SES enfants dans les abysses éternelles!

C’est pour cette raison que Notre-Dame apparut à Fatima il y a 100 ans, afin de donner à ses enfants son amour maternel total ainsi que son appel royal. Fatima est l’appel de la Reine à la fin des temps : le message consolant de sa victoire certaine à la fin, mais également la demande pressante, jusqu’à la fin, de devenir sérieux à propos de notre dignité : être SES enfants, serviteurs, esclaves, soldats, légionnaires et chevaliers (1)!

Il y a plus de 300 ans, saint Louis Marie a prophétisé que, à la fin des temps, seuls les fidèles “Apôtres de Jésus et Marie” obtiendraient la victoire, c’est-à-dire tous ceux qui auront vécu la “Parfaite Dévotion envers Marie”, qui sont des enfants fidèles et esclaves de cette meilleure Mère et Maîtresse.

Et il y a plus de 100 ans, saint Maximilien Kolbe nous a donné un supplément important, afin d’être capable de comprendre très concrètement et d’accomplir notre tâche à la fin des temps :

Marie sera seulement reconnue comme Mère par nous quand nous entendrons ses supplications et solicitations : “Aide-moi mon enfant ! Sans toi, je ne pourrais pas transmettre aux âmes la plénitude de la grâce que mon Fils m’a accordée ! Seulement, lorsque je trouverai des instruments qui me permettront, comme un canal de grâces de conversion et de sanctification de mon coeur, d’attendre les coeurs des pauvres pécheurs, à ce moment-là seulement pourrai-je être la MEDIATRICE DE TOUTES LES GRACES!”

L’Immaculée sera seulement honorée en tant que Reine quand nous L’entourerons telle une petite armée de chevaliers fidèles, qui défendrons SA grande cause et qui effectuerons et accélérerons SA victoire. Et quelle est cette victoire ? Le salut des âmes : “Oeuvrer à la conversion à Dieu de tous les hommes, qu’ils soient pécheurs, hérétiques, schismatiques, juifs etc., en particulier les francs-maçons ; et qu’ils deviennent saints, sous la direction et par la médiation de la Vierge Immaculée” (tiré des statuts premiers de la M.I.).

Rheinhausen, le 31 mai 2017

Abbé Karl Stehlin (2), prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Notes

(1) Invitation à la célébration anniversaire avec Mgr Fellay, à Fatima : » Je voudrais très sincèrement inviter tous les chevaliers à la célébration anniversaire de la M.I., à Fatima ! Cette commémoration des 100 ans de la M.I. aura lieu le 20 août, à la suite du programme officiel du pèlerinage de la FSSPX (plus ou moins 16h30). Tous les détails se trouvent sur le site de la M.I. Venez s’il-vous-plaît en grand nombre à cette célébration unique pour commémorer ce grand anniversaire et, avec les cevaliers du monde entier, remercier l’Immaculata pour toutes les grâces reçues ! Ceux qui ne peuvent y assister sont invités à s’unir avec nous en esprit et à renouveler au même moment que nous la Consécration à l’Immaculata. «

(2) M. l’abbé Karl Stehlin est Supérieur du District d’Asie

MILITIA IMMACULATAE

LETTRE DU PÈRE DIRECTEUR – NO 1

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

Lorsque Saint Maximilien écrivait aux chevaliers, ceux-ci avaient l’habitude d’intituler ses messages « lettres de Notre Père Directeur ». Après sa mort ses successeurs, les modérateurs internationaux de la MI, ont longtemps perpétué cette tradition pour la simple raison qu’il était plus facile d’utiliser le terme « directeur » plutôt que le terme canonique mais compliqué de « modérateur international ». Comme la Divine Providence, à travers la voix des supérieurs, a choisi votre serviteur pour modérateur international de la « Milice de l’Immaculée – observance traditionnelle », permettez-moi de suivre les traces du saint fondateur et de vous envoyer plus ou moins régulièrement une « Lettre du Père Directeur ».

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Lettre du Père Directeur N° 5 – 15 mars 2017

 

Chers Chevaliers de l’Immaculée,

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde » Pourquoi Satan s’entoure-t-il d’armées gigantesques sur la terre pour arriver à sa fin ? Pourquoi les bêtes de l’Apocalypse ? Certainement pour répandre son impiété sur la terre, pour dépraver les hommes afin qu’ils abandonnent le culte de Dieu et joignent les chœurs des ingrats, des indifférents. Quelle joie pour le serpent infernal de voir Dieu insulté et le Christ chassé de son Royaume ! Mais souvent nous nous attardons à des causes très importantes certes, mais quand même secondaires : le triomphe de la Franc-Maçonnerie, la détresse de l’Eglise en agonie, les erreurs des sectes, les persécutions contre les chrétiens, les lois antichrétiennes, la destruction de la civilisation chrétienne, etc. En tout cela on risque parfois de négliger et même d’oublier la cause principale de toute cette machinerie infernale : la perte éternelle de tous et de chacun de nous. Il y a même un danger encore plus imminent : il y a parfois des catholiques fervents (et même des prêtres) qui énoncent vigoureusement l’importance extrême du danger dans lequel se trouvent les âmes de se perdre éternellement, mais ils se disent presque inconsciemment « que cela ne me regarde guère, puisque je suis un si fidèle serviteur et apôtre de la Sainte Vierge ». Ainsi, tout en parlant du salut des âmes, on finit par négliger la grande affaire de son propre salut.

De la même manière, nous devons nous demander pourquoi la Sainte Vierge s’entoure d’une petite armée d’instruments fidèles avec et par lesquels Elles dispense les grâces dans le monde ? Certainement pour la sauvegarde de la Tradition catholique et de la Foi de toujours, pour le triomphe du Christ-Roi et de sa Mère sur la terre, pour la destruction des erreurs et des bastions de l’impiété, pour la conversion des modernistes et la gloire de la Sainte Mère l’Eglise, etc. Ce sont aussi des raisons extrêmement importantes, mais secondaires, la première étant de sauver ses enfants si aimés du malheur éternel. Alors nous risquons aussi de mettre à la deuxième place ce qui doit être la première chose, et c’est pourquoi il est bon et nécessaire de méditer de temps en temps sur le but de la Milice de l’Immaculée : la conversion et la sanctification de tous par l’Immaculée POUR LEUR SALUT ETERNEL et rien que pour cela !

Ces deux armées ennemies s’affrontent dans une guerre qui ne finira qu’à la fin du monde, et dans les derniers temps augmentera en férocité de jour en jour. Et quel est le résultat souhaité de cette lutte ? Pour les armées du diable, certainement « d’écraser l’infâme » (Voltaire, parlant de la destruction de la vraie Eglise) ; pour nous, c’est le triomphe du Cœur Immaculé de Marie, la conversion de la Russie et du monde, la diminution de l’influence du Communisme et des Francs-maçons dans la vie publique, la restauration de la chrétienté et de l’Etat catholique, le retour à la Tradition de notre Sainte Mère, l’Eglise catholique et romaine… De nouveau nous avons à faire avec des buts très importants. Mais ici aussi le danger existe de considérer cette guerre surtout comme un moyen d’augmenter nos rangs et de se réjouir de chaque défaite de l’ennemi ; de concentrer tous les efforts pour voir réalisés les moyens (consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, succès de nos actions apostoliques …).

Saint Maximilien Kolbe avait des paroles très dures quand il voyait que les Chevaliers commencer à perdre de vue « l’unique nécessaire » et se laisser absorber par les moyens. Il appelait cela même « la trahison de la vraie cause de l’Immaculée, la perte de l’esprit surnaturel, l’abandon du vrai idéal de la Milice ». Voici pourquoi nous devons prendre ce sujet très au sérieux, surtout au moment décisif des grands centenaires des deux armées opposées (Communisme et Franc-Maçonnerie / Fatima et MI).,

Quel est le vrai idéal du Chevalier ? De jeter tous les hommes aux pieds de l’Immaculée afin qu’Elle les convertisse, les sanctifie et les sauve ! Et le premier homme à livrer à l’Immaculée, c’est moi-même.

Quel est le message essentiel de Notre Dame de Fatima ? Quel est sa raison la plus profonde de nous révéler et offrir son Cœur Immaculé ? C’est son immense désir d’arracher tous ses enfants aux griffes du démon, au péché et aux erreurs et ainsi les préserver de l’océan de feu de l’enfer. Toutes ses paroles tournent autour de ce danger imminent pour les âmes de se perdre à jamais. La dévotion à son Cœur Immaculé avec la communion réparatrice, la consécration et en conséquence la conversion de la Russie, le fameux Troisième Secret sont des expressions du cri du Cœur de notre Mère : « Vous voyez tant d’âmes qui vont se perdre dans le feu éternel. Pour préserver mes pauvres enfants du pire, je Vous donne mon Cœur comme le chemin assuré qui, au milieu de tant de dangers, Vous conduira à Dieu ».

Nous ne pouvons pas être de vrais apôtres de Notre-Dame de Fatima, nous ne pouvons pas non plus être de vrais chevaliers de l’Immaculée, si nous mettons de côté l’imminent danger dans lequel nous sommes de nous perdre à jamais ! Nous sommes dans les temps les pires de toute l’histoire du monde et nous devons comprendre tout l’éclat des armées immenses du prince des ténèbres dans sa vraie dimension : toute cette atmosphère libérale et matérialiste, toutes ces menaces et tentations sont là uniquement pour nous faire commettre le péché, perdre la grâce sanctifiante, ensuite nous habituer au péché, si possible nous faire perdre la lumière de la vrai Foi, et finalement nous précipiter dans les flammes éternelles.

Pour cela, il est absolument nécessaire que nous nous rendions compte pour nous-même combien de fois dans le passé nous nous serions damnés si nous étions morts à ce moment. Regardons comme les saints ont traité l’affaire du salut : se rendant compte de la faiblesse extrême et des blessures du péché originel dans l’homme, ils avaient une grande défiance envers eux-mêmes. Ils étaient vigilants, pensant souvent à la mort, au jugement, à l’enfer, au purgatoire, au ciel. Ils s’efforçaient de ne pas perdre le temps précieux ici sur terre dans les vanités et les plaisirs, mais d’utiliser au maximum chaque minute, chaque occasion pour grandir dans l’amour de Dieu et du prochain. Si nous négligeons la méditation sur notre mort (imminente), sur la brièveté de la vie, l’incertitude de l’heure de la mort, la mort du pécheur et du juste, l’importance absolue du moment présent à faire du bien et à éviter le mal, la malice du péché mortel, notre vie comme un voyage vers l’éternité, etc., je dis, si nous négligeons tout cela, nous devons nous accuser de ne pas prendre au sérieux Notre-Dame et ses multiples messages alarmants, surtout ceux de Fatima !

Comment peut-on être un instrument dans les mains de l’Immaculée pour l’aider à sauver les âmes, si nous nous rendons à peine compte de ce que cela veut dire : « sauver une âme, convertir un pécheur, etc. » ? Alors nous serons en grand danger de tomber dans un certain naturalisme dans notre apostolat de chevaliers : ce qui comptera ce sera le succès superficiel d’une action apostolique, la recherche de l’éclat extérieur de la M.I. (le grand nombre, la quantité des tracts distribués, etc.). Si, au contraire, le succès manque c’est la lassitude, le découragement et enfin l’abandon.

On parle des grandes choses qui devraient se passer en 2017, des choses terribles, des choses essentielles pour l’Eglise et le monde. Soit ! Mais nous devons nous rendre compte que ces « grandes choses » sont surtout son affaire à ELLE, non pas la nôtre. De nous il est demandé d’être ses vrais instruments, d’approfondir et de mettre en pratique le plus possible tout ce qu’Elle nous dit et qu’Elle nous demande de faire. Plus nous nous mettons au niveau des choses éternelles, plus nous essayons (profitant de l’enseignement de tant de saints) de vivre dans l’atmosphère des fins derniers. C’est exactement la raison pour laquelle la petite Jacinthe de Fatima a sauvé tant d’âmes : parce qu’elle savait la signification de « feu de l’enfer », elle ne vivait et souffrait que pour « mes pauvres pécheurs » afin qu’ils soient préservés des flammes éternelles. Voilà la motivation profonde qui nous rend généreux dans nos efforts de chevaliers de l’Immaculée.

Quel sera le vrai succès de cette année ? Si chacun des 30 000 chevaliers à l’heure actuelle aide l’Immaculée à sauver une âme par jour, alors ELLE aura arraché à Satan et à la perte éternelle 11 Millions d’âmes en 2017 !!

Prenons donc au sérieux notre sublime vocation de catholiques confirmés, soldats du Christ, chevaliers de l’Immaculée, faisons des efforts pour vivre davantage dans l’atmosphère de l’éternité qui très bientôt arrivera pour chacun de nous, au moment de la mort ! Quelle joie pour le Cœur Immaculé de Marie de trouver le cœur de ses enfants, esclaves et chevaliers qui vivent dans la même perspective qu’Elle, qui auront à cœur de faire de cette année 2017 une année SAINTE : par le souci incessant de l’honneur de la Toute Sainte, de leur propre sainteté et celle de tous les pauvres enfants d’Eve.

De tout cœur, je vous souhaite un Saint temps de Carême, de la Passion et de la Résurrection de Notre Roi : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Goûtez les choses d’en haut, et non celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 1 – 3).

Singapour, le 12 Mars 2017, 2e dimanche du Carême

Abbé Karl Stehlin

Lettre n° 04 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 6 décembre 2016

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde »

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

Dès son enfance, saint Maximilien Kolbe reçut un profond amour et une vénération pour Notre-Dame. Il grandit avec les dévotions polonaises de l’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde », « La Très Sainte et Bienheureuse Vierge » et de nombreux autres titres bien connus de chaque catholique de ce pays. L’Immaculée Conception était spécialement célébrée pour souligner la vérité catholique contre les schismatiques russes orthodoxes qui n’acceptaient pas ce privilège comme dogme de foi. Mais l’appellation « l’Immaculata » comme nom propre fut forgée par lui : il voulait rendre populaire le grand mystère de l’Immaculée Conception qui était plus pour lui que le contenu du dogme proclamé en 1854 (à savoir que, par un privilège unique, Notre-Dame avait été conçue, exempte de la tâche du péché originel). Saint Maximilien parlait souvent de la dimension pratique de cette vérité de foi, qui devint la source de toute sa vie spirituelle et de son immense action apostolique. Le plus beau fruit de sa dévotion fut certainement la Militia Immaculatae (M.I.), qui rassemblait autour d’ELLE un nombre toujours plus grand d’âmes également enthousiastes et impressionnées par ELLE, l’Immaculée.

L’idée principale derrière la fondation de la M.I. était de former une armée autour de Notre-Dame, un escadron d’élite plein d’idéal. C’est pourquoi saint Maximilien les appela « chevaliers » et non pas simples soldats. Il avait à l’esprit la grande règle divine : Dieu, dans son action sur terre, utilise toujours des instruments créés, et généralement sans eux il n’agirait pas dans le monde. Son Royaume sur terre est une Eglise sacerdotale et chaque chrétien doit collaborer avec la grâce de Dieu au salut des âmes pour accomplir le plus grand commandement -l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

La M.I. est devenue un moyen important de réveiller les fidèles souvent endormis et de les sensibiliser à leur rôle vital dans l’Église militante : combattre au côté de la femme de l’Apocalypse contre les ennemis de notre salut. Quelle grâce pour nous de redécouvrir notre noble, immortelle et éternelle vocation ! ELLE nous appelle, dans sa miséricorde infinie, à travailler au triomphe de Son Cœur Immaculé ; Elle nous permet de devenir « chasseurs d’âmes » et nous fait produire « des fruits éternels » d’une éternelle récompense, parce que « ce que nous avons fait pour les autres, nous le faisons deux fois, trois fois et plus pour notre propre bien ».

Saint Maximilien nous enseigne que tout cela est important ; cependant, ce n’est pas le plus important ! En fait, le concept central dans la MILITIA IMMACULATAE n’est pas le « chevalier », mais l’Immaculata. Dans le certificat des chevaliers (mały dyplomik), les premiers mots employés sont les citations que nous trouvons aussi dans l’acte de consécration : « Elle écrasera la tête de Satan » et « Vous seule avez vaincu toutes les hérésies dans le monde entier ». Si vous vous trouvez dans l’atelier d’un grand artiste et que vous admirez ses merveilleux chefs-d’œuvre, vous serez plein d’éloges pour l’artiste, vous admirerez ses talents et ses remarquables réalisations ; vous ne penserez pas à ses outils, à ses stylos et crayons. Si vous entrez dans une maison si propre qu’elle brille, vous serez plein d’éloges pour la maîtresse de maison et ne serez pas intéressé par les balais et les chiffons qu’elle a utilisés pour nettoyer.

Dans la M.I. presque rien ne se rapporte à nous, mais TOUT se rapporte à ELLE ! ELLE est tout dans la M.I., ELLE est tout dans notre vie, ELLE est « notre vie, notre douceur et notre espoir ». La M.I. se rapporte à la découverte la plus étonnante et la plus exceptionnelle ; une découverte qui apporte tant de lumière dans nos ténèbres, tant d’éternité dans notre néant, tant de joie dans notre triste vie, tant de sensations palpitantes dans notre train-train banal et morose, tant d’AMOUR dans notre âme froide et sans cœur.

Et quelle est cette découverte ? Que DIEU qui nous a créés, qui a décidé de nous donner le bonheur éternel, qui est venu lui-même pour nous sauver, nous convoque à un endroit où l’Incréé touche le créé et s’est uni lui-même à une nature humaine. Ce lieu, il l’appelle le « Saint des Saints », le sanctuaire qui sera à jamais « sa maison créée ». Quelle pensée inspirée d’admiration : être admis dans la MAISON DE DIEU SUR TERRE !

Quel est ou plutôt qui est ce lieu, ce lien entre l’éternité et le temps, entre le ciel et la terre ?

Imaginez la majesté de la très sainte Trinité décidant, avant tous les temps, de la création et du salut du monde. Toutes les créatures possibles, il se les représente d’un coup d’œil, comme sur une carte. Il voit tous celles qui seront jamais créés, le nombre presque infini de purs esprits et tous les hommes. Mais ses yeux ne sont fixés que sur ELLE, et ELLE sera la tête de toutes les créatures, la « bénie entre toutes ».

ELLE devait devenir une MAISON pour le FILS, dont la maison éternelle est le sein du Père.

« Au commencement, avant toute création, j’ai été conçue ». Dans l’esprit éternel de Dieu, elle devait être la fille éternellement élue du Père, la mère du Fils et l’Épouse du Saint-Esprit.

L’IDÉE éternelle de la Providence divine était de créer le monde, afin que son Fils puisse devenir homme, devenir JÉSUS, à travers qui, en qui et pour qui, toutes choses ont été créées et toutes auraient à retourner à Dieu. Pour réaliser cette IDÉE géniale, Dieu a conçu une autre idée (ou concept), pareillement éternelle, d’un être humain à partir duquel le Fils pourrait prendre sa nature humaine, son corps et son sang et le très Sacré-Cœur : et c’est ainsi que fue conçue, dans sa sagesse éternelle, MARIE, la Mère de la PAROLE éternelle, la maison de Dieu sur la terre !

Quand nous parlons et pensons à ELLE, nous le faisons avec le pauvre outil de notre raison limitée : nous méditons sa nativité de sainte Anne et Joachim, l’Annonciation, Noël, la fuite en Egypte et les années cachées à Nazareth. Nous la suivons discrètement pendant la vie publique de Notre-Seigneur et la retrouvons au pied de la Croix. Et après sa résurrection, nous admirons sa glorieuse assomption et toute les interventions merveilleuses de notre Mère céleste pour aider ses enfants en danger permanent.

Mais nous devrions aussi essayer d’élever nos esprits autant que faire se peut jusqu’aux limites où le temps et l’espace se terminent, et où l’éternité commence, où il n’y a plus de passé et d’avenir, mais un éternel MAINTENANT. Et que nous est-il permis d’y voir ?

LA TRINITE INFINIE qui LA choisit, la première-née de toutes les créatures dans son esprit éternel, plus précieuse et plus grande que les chérubins et les séraphins, tant et si bien que par rapport à elle toutes les autres créatures sont ce qu’un petit lac est à un immense océan. Le chef-d’œuvre de toutes ses œuvres, cependant, sera un être humain, et tous les êtres humains après la chute de leurs premiers parents auront besoin de la rédemption.

Ainsi, ELLE aussi sera rachetée par ce Précieux Sang qui devait être pris d’elle-même. Dieu, en prévoyant le Calvaire, verse le Précieux Sang sur son âme au moment de sa conception : ce Sang bloque en ELLE « l’entrée » au péché originel : « Quand, à la parole de Dieu, l’âme et le corps de Marie jaillirent du néant, les Divines Personnes pénétrèrent en ce même instant leur créature de choix, et leur accueil et leur toucher fut la grâce de l’Immaculée Conception » (P. Faber).

« Voici le tabernacle, la demeure du Très-Haut parmi les fils de l’homme » : entièrement pur, complètement exempt de la moindre ombre d’imperfection, la sainteté créée ! Marie est exempte de tout ce qui pourrait limiter l’action de Dieu dans sa créature.

Être « immaculée » n’est qu’une description négative d’être pleine de grâce, de la plénitude de la vie de Dieu, de la totalité absolue de l’Amour infini de Dieu donné à toutes les créatures. Créée à partir de rien, au moment même de son existence, Marie est élevée aux sphères de la nature de Dieu comme aucune autre créature. Avec la volonté la plus libre, elle se donne à Dieu, elle disparaît de plein gré dans les flots de lumière et de grâce qui submergent son âme, afin que Dieu puisse être « tout en tout ».

La MAISON de Dieu sur la terre est prête : LUI-MÊME peut venir quand il veut ! Il ne trouvera aucun obstacle, mais un désir infini, une entière pauvreté, un vide béant et un cœur immaculé aux battements de l’AMOUR même du Saint-Esprit qui l’a choisie de toute éternité comme épouse.

IMMACULATA signifie : la présence toute sainte de Dieu sur la terre, le plus pur calice rempli des eaux vivantes de la plénitude de la grâce de Dieu, de la vie de Dieu et de l’amour de Dieu. Cet être humain est tellement pénétré par le Saint-Esprit, que tout en elle n’est qu’une transparence de Sa présence et de Son action : ses pensées, ses gestes, ses paroles, son action sont plus les pensées, les désirs, les paroles et les actions du Saint-Esprit que les siennes propres.

Immaculata signifie le sanctuaire sans tâche où le Fils entrera à la plénitude du temps et fera d’ELLE sa propre Mère et Associée dans son œuvre de rédemption. Elle détournera la malédiction de la première Ève qui perdit sa beauté immaculée pour elle-même et pour tous ses enfants. La nouvelle Eve sera non seulement plus immaculée que la première, mais aussi la « mère des vivants » afin d’anéantir la tâche et la souillure du serpent partout où ELLE est autorisée à donner la vie surnaturelle.

Immaculée signifie la Mère et la Reine de tous ceux qui sont rachetés par le Sang de Jésus-Christ, qui les invite tous à se joindre à lui dans sa MAISON sur terre, dans ce sanctuaire qui devient pour eux « un refuge sûr et le chemin qui les conduit à Dieu ».

Tous ces mystères insondables (et beaucoup d’autres) sont contenus dans le simple terme inventé par saint Maximilien Kolbe : IMMACULATA ! Est-ce que nous comprenons maintenant pourquoi il insiste si souvent sur le fait que, au sujet de Ses mystères, nous apprenons plus à genoux, en profonde contemplation, que dans la lecture de nombreux livres savants ?

NOTRE-SEIGNEUR nous invite : « Mon enfant bien-aimé, viens à la maison ! » Et ceux qui, avec admiration, crainte et joie enthousiaste, répondent : « Oui, j’arrive ! » sont appelés ENFANTS DE L’IMMACULATA ! C’est le plus grand cadeau qu’un homme puisse recevoir sur la terre, et nous devrions dire avec une immense gratitude : « Moi, un vagabond exilé et errant, un mendiant, j’ai trouvé ma maison ! »

Mais que signifie donc CHEVALIER DE L’IMMACULATA ? Simplement d’avoir le désir d’amener autant d’âmes possible ‘à la maison’ ! Afin qu’elles trouvent aussi le sanctuaire le plus pur et le plus saint de la terre ! Afin que toutes les âmes puissent trouver la force de lutter contre tout ce qui est souillé (Satan, le péché et le monde pervers), que pendant cette guerre de toute la vie elles trouvent un abri sûr et une MAISON, où elles peuvent se remettre de leurs blessures.

Mais surtout : LE CHEVALIER DE L’IMMACULATA est la présence vivante de l’Immaculée Conception dans le monde : et partout où ELLE apparaît, les ténèbres de l’erreur et les tâches du péché doivent disparaître. En lui et par lui, ELLE répète elle-même ce qu’elle a dit à Sainte Bernadette à Lourdes : JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION ! Et au milieu des interminables épreuves et tribulations de ces temps apocalyptiques, le CHEVALIER apporte à beaucoup d’âmes un rayon de paix céleste et de bonheur éternel: O IMMACULATA !

Abbé Karl Stehlin

Lettre n° 01 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 31 mai 2016

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde »

Lorsque saint Maximilien écrivait aux chevaliers, ceux-ci avaient l’habitude d’intituler ses messages « lettres de notre Père Directeur ». Après sa mort ses successeurs, les modérateurs internationaux de la MI, ont longtemps perpétué cette tradition pour la simple raison qu’il était plus facile d’utiliser le terme « directeur » plutôt que le terme canonique mais compliqué de « modérateur international ». Comme la Divine Providence, à travers la voix des supérieurs, a choisi votre serviteur pour modérateur international de la « Milice de l’Immaculée – observance traditionnelle », permettez-moi de suivre les traces du saint fondateur et de vous envoyer plus ou moins régulièrement une « lettre du Père Directeur ».

De la même manière que les chevaliers de ce temps considéraient saint Maximilien à la fois comme leur père et leur guide, je vous demande humblement de prier pour que je devienne un écho fidèle de sa personne, afin qu’aujourd’hui, où nous manquons cruellement de vrais pères et guides, il puisse être à nouveau et toujours davantage « notre bien aimé Père Directeur ».

Dans cette première lettre je souhaite vous présenter les origines de la « Milice de l’Immaculée d’observance traditionnelle » et vous relater brièvement son parcours, depuis ses origines jusqu’à nos jours.

Lors de notre première année au séminaire, en 1981, les chefs du (traditionnel) Mouvement de la Jeunesse Catholique en Allemagne (KJB) publièrent un communiqué consacré à la vie et aux travaux apostoliques de saint Maximilien Kolbe. Les séminaristes que nous étions furent fascinés  par la découverte de ce saint contemporain, qui était absolument si traditionnel dans sa foi profonde et son zèle apostolique mais qui simultanément travaillait avec les moyens techniques modernes de son époque. Un saint qui fascine même les jeunes gens de notre époque.

Cette problématique de la conversion des jeunes gens se manifesta à nouveau, lorsqu’en 1986 nous fûmes nommés en Afrique. Inspirés par le message des apparitions de Notre Dame à Fatima (les trois volumes de Frère Michel de la Sainte Trinité) et la biographie de saint Maximilien Kolbe (écrite par Maria Winowska), Monsieur l’abbé Loïc Duverger fonda en 1988 un mouvement pour jeunes filles, la « Compagnie de l’Immaculée ». De la même manière que la MI compte trois groupes, les filles furent séparées en « enfants, servantes et apôtres de l’Immaculée ». Chacune d’entre elles réaliseraient toujours plus généreusement les requêtes du Cœur Immaculé formulées à Fatima. Chacune d’entre elles se dévoueraient toujours plus généreusement pour la conversion des autres filles. Les résultats furent étourdissants : après cinq années d’existence, des groupes de la « CI » étaient établis  dans divers quartiers de la capitale du Gabon afin de convertir les enfants du voisinage. De nombreux « apôtres » furent enrôlés comme catéchistes au profit de l’instruction des mille cinq cents enfants de notre Mission Saint Pie X. Lors du jubilée du 75ème anniversaire de Fatima la CI joua de nombreuses fois la pièce de théâtre des apparitions et attira des centaines de conversions à l’Eglise. Mais le fruit le plus merveilleux était le changement intérieur de nombreuses jeunes filles qui vivaient une authentique vie intérieure et qui montraient parfois un courage héroïque pour défendre la foi en milieu païen ou même au sein de leurs familles. Certaines d’entre elles ont amené leurs parents, frères et sœurs, à se convertir. Parmi celles qui moururent jeunes à cause de certaines maladies tropicales, nous pouvions observer un rare degré de vertu et même de sainteté.

De telles incroyables surprises affirmèrent en nous la conviction de l’exceptionnel pouvoir de l’Immaculée à notre époque, l’importance exceptionnelle de Fatima et la nécessité de réaliser tous nos travaux apostoliques seulement avec ELLE et sous SON commandement.

Mais ce fut uniquement en 1994, lorsque nous fûmes nommés de manière inattendue en Pologne pour y démarrer le travail de la Tradition Catholique, que nous découvrîmes réellement qui était saint Maximilien Kolbe et sa Milice. La lecture de ses lettres et conférences dans sa langue maternelle nous firent découvrir un génie universel, à la fois contemplatif et très actif, un théologien des très profonds mystères de Marie et un maître de l’organisation qui employait les moyens techniques et inventions modernes pour faire connaître et aimer notre Reine par des millions de gens. Ce petit moine, en permanence mortellement malade, a fondé l’un des plus importants mouvements mariaux au monde, après « La Légion de Marie » et « L’Armée Bleue de Notre-Dame de Fatima ». C’est dépourvu de moyen matériel qu’il a ouvert un couvent appelé « la Cité de l’Immaculée » et qui, depuis les temps médiévaux, devint le plus important au monde, avec près de 1000 habitants en seulement 15 ans. Non satisfait de raviver la flamme de l’amour envers Marie seulement dans sa patrie, il partit en mission dans la lointaine Asie avec le désir d’attirer à Elle « un milliard d’âmes ». Après une vie héroïque, il accomplit son sacrifice suprême dans le hungerbunker (bunker de la faim) à Auschwitz en offrant sa vie pour un co-prisonnier, père de famille.

Lorsqu’en 1997 nous nous installâmes à Varsovie pour ouvrir le premier prieuré, il était évident que nous rendions de fréquentes visites à Niepokalanów, la Cité de l’Immaculée. Quand nous contemplions les restes de ce gigantesque apostolat (musée, chapelle originelle et les pièces où le saint vivait, ainsi que le cimetière où reposent ses héroïques compagnons, etc.) c’était comme si le saint lui-même venait nous rencontrer. Quelle expérience unique que d’avoir de longues conversations avec des frères avancés en âge qui l’avaient connu personnellement !

Cependant, il nous fallut découvrir l’autre face de la MI : le lieu était rempli de mouvements charismatiques, la librairie remplie de livres très libéraux et modernistes, nous étions souvent témoins de cérémonies liturgiques et de réunions dont le but était de susciter des émotions creuses similaires à celles que vous pouvez trouver dans tout concert de rock.

En 1997 furent également publiés les nouveaux statuts de la MI, très différents des anciens. L’un des best-sellers était un livre du modérateur général de la Milice, le Père Simbula, qui critiquait fortement le saint fondateur pour son étroitesse d’esprit et pour « être resté engoncé dans les opinions de son temps ». Quand nous interrogeâmes les frères âgés qui connaissaient le saint au sujet de ces changements, nous entendîmes régulièrement la réponse, dites tristement : « maintenant tout a changé ». Le « Chevalier de l’Immaculée » devint une publication remplie d’allusions modernes et vidée de son sens initial.

Au même moment de jeunes fidèles nous demandèrent si nous ne pouvions pas recommencer la Milice de l’Immaculée telle que saint Maximilien la fonda étant donné que depuis les années 1920, la Pologne catholique était profondément influencée par la MI…

Cette requête nous obligea à analyser si cette idée avait oui ou non un sens, car nous avions déjà dans la Tradition Catholique de nombreux autres mouvements mariaux. En fonder encore un autre pouvait diviser le nombre et la force des existants. Une petite croisade de prières fut organisée pour que l’Immaculée nous fasse connaître Sa volonté.

C’est à ce moment-là que nous découvrîmes un aspect encore plus profond de la Milice et de son Saint fondateur, à savoir que ce mouvement est unique au monde et parfaitement adapté à notre temps pour les raisons suivantes :

1. Comme le nom l’indique, Militia Immaculatae renvoie à l’Eglise Militante, la vraie Eglise Catholique sur terre dans son combat permanent contre le diable, le péché et l’erreur. Depuis 50 ans ces thèmes catholiques essentiels ont été effacés de tous les esprits des fidèles à qui l’on a enseigné la recherche de la paix universelle et le respect mutuel de toutes les religions. Pire encore : toujours depuis 50 ans les plus importantes  réalités éternelles concernant le ciel, l’enfer, le purgatoire, la mort, le jugement, le combat contre le diable, la conversion de l’erreur à la seule Eglise catholique… ont été largement abandonnés et remplacés par le désir d’unifier le monde dans une paix et compréhension mutuelle. Le nouvel ordre mondial maçonnique est devenu l’idéal de bien des catholiques.

Contre cette peste moderniste la MI apparaît comme un remède contre le pacifisme de notre époque et un puissant rappel de la seule véritable perspective : nous sommes sur terre pour nous battre pour le salut des âmes. La MI insiste sur les valeurs éternelles et l’utilisation correcte du temps de notre court passage sur terre. Elle est par définition un appel anti-œcuménique à la conversion de tous les dissidents et des fausses religions à la seule véritable église.

2. L’idée d’un combat spirituel si nécessaire à notre temps provoque l’enthousiasme d’âmes généreuses, surtout parmi les jeunes gens, la volonté de s’abandonner au service d’un idéal grand et fascinant. Dans notre époque individualiste nous sommes en grand danger de nous refermer sur notre propre confort spirituel, de devenir autocentrés et de ne concevoir la pratique religieuse seulement comme une affaire privée. Après une si longue période de crise terrible nous risquons d’oublier que nous appartenons à notre sainte Mère l’Eglise et que nous sommes responsables de tous les membres du Corps Mystique du Christ. La MI nous permet de comprendre profondément l’immense NOUVEAU commandement de Notre Seigneur : « d’aimer notre prochain, comme il l’a aimé », c’est-à-dire de faire ce que nous pouvons pour le salut des âmes courant vers l’abysse de l’éternelle damnation. Nous serons heureux et reconnaissants du retour aux vraies valeurs de toute personne à l’intérieur de l’Eglise. Nous souhaitons que,  depuis la plus petite paroisse jusqu’au Vatican, ELLE, la Vierge Immaculée soit ramenée, et avec ELLE, toute la tradition catholique, à Sa vraie place. Nous ne pointerons pas du doigt les pauvres âmes spirituellement malades en disant avec mépris « je ne veux rien avoir à faire avec un tel hérétique », mais nous voulons faire ce que nous pouvons pour les ramener TOUTES à la vérité immuable de Notre Seigneur à travers l’Immaculée.

3. La MI nous rend nos véritables identités de catholiques avec une compréhension profonde de notre rôle sur terre, celui de devenir des soldats de Jésus Christ se battant pour l’extension du Royaume de Dieu sur terre. Pour accomplir cette tâche primordiale, nous avons reçu le sacrement de la confirmation. La Milice de l’Immaculée n’est pas tant un autre mouvement ou une association parmi tant d’autres avec ses prières et ses pratiques, mais est par essence comme une NOUVELLE LOI pour nos vies, disant : « quoique vous fassiez, vous le faites en tant qu’instrument entre les mains de Notre Dame, en tant que chevaliers de son armée, pour attaquer l’ennemi en le convertissant, et pour étendre le royaume du Sacré-Cœur de Jésus. » Si cette loi pénètre toute notre vie, nous ne gaspillerons plus notre temps, mais nous remplirons notre court séjour sur terre avec un maximum de grandes actions, les actions éternelles : sauver les âmes.

4. Un autre aspect fascinant : ce mouvement est avide de l’utilisation des méthodes les plus modernes au service de l’Immaculée. Il donne à l’homme contemporain une nouvelle approche des mass media, qui sont essentiellement utilisées abusivement par les puissances des ténèbres pour suggérer les pires tentations. Comme la jeunesse est très éprise de leurs appareils électroniques, la MI se sert de cette attraction pour la mettre au service de l’Immaculée et du salut des âmes. Cet aspect peut amener de nombreuses personnes de l’extérieur à joindre la MI quand ils voient que ce mouvement s’adapte parfaitement à la situation et aux besoins de notre époque.

La MI est, en même temps, profondément ancrée dans l’esprit de prière et de sacrifice, qui sont les armes les plus importantes des chevaliers pour sauver les âmes. Elle remplit donc parfaitement la requête de Notre Dame de Fatima de prier et de faire des sacrifices, parce que tant d’âmes vont en enfer, parce que personne ne prie ni ne fait de sacrifices pour elles. De plus, les méthodes de saint Maximilien pour la prière apostolique correspondent parfaitement aux difficultés de notre temps : avoir une vie de prière profonde.

Saint Bernard

5.  Cependant le point le plus important consiste en la place de Notre Dame, l’Immaculée, dans notre vie. La MI applique concrètement dans la vie quotidienne les maximes de saint Bernard et de tous les saints mariaux, en particulier la Vraie Dévotion de saint Louis Marie Grignon de Montfort qui enseigne « de faire toutes choses à travers Marie, avec Marie, dans et pour Marie ». Cela nous pousse à approfondir de manière concrète et pratique la compréhension de la Vérité de son Immaculée Conception et tout spécialement son rôle de médiatrice de toute grâce qu’Elle utilise au profit de la conversion et la sanctification de tous les peuples. Cela fait comprendre au chevalier l’importance de l’Immaculée dans sa vie personnelle, et tout spécialement SA requête de L’aider à sauver de la damnation éternelle les enfants bien-aimés de l’Immaculée qui sont encore perdus dans l’erreur et le péché. Là le catholique apprend chaque jour quel est son rôle dans le monde et à quel point il prend part à la plus importante tâche qu’un homme puisse faire ici sur terre : donner aux autres « le sommet » de la joie éternelle. En même temps cela lui enseigne la nécessaire humilité : seul il ne peut rien faire, mais il peut tout en tant qu’instrument de l’Immaculée, en tant que son fidèle chevalier.

6. Il est vrai que tous ces éléments peuvent aussi être trouvés dans la Légion de Marie qui était déjà rétablie dans sa fidélité à la tradition dans plusieurs pays. Mais la Légion de Marie est construite selon le schéma des légions romaines, un mouvement de soldats d’élite, qui demande beaucoup de ses membres. Au contraire, la Milice de l’Immaculée va vers tout le monde, même vers les plus paresseux, et ne demande presque rien pour devenir un chevalier. C’est le mouvement des masses qui lance tout le monde dans les traces de Notre Dame, forçant à Lui donner au moins un petit doigt – Elle se chargera par la suite de prendre la main et l’être tout entier. La Légion de Marie aux Philippines a découvert en la MI un extraordinaire moyen d’engager de nombreuses personnes visitées par les légionnaires pour les attacher étroitement à Notre Dame en les faisant Ses chevaliers.

7.  Fondé pour de larges masses, le mouvement contient toutes les possibilités de collaboration dans la tâche du salut des âmes : il invite tous ceux qui veulent servir l’Immaculée individuellement (MI 1), mais se charge aussi de l’apostolat ordinaire en groupes, cercles et associations pour atteindre un meilleur et plus large résultat apostolique (MI 2). En dernier lieu il invite les plus fervents membres à rejoindre l’élite spirituelle tendant à l’abandon total et à la vie héroïque de la consécration à SA personne (MI 3).

Jamais, dans le monde entier, un tel mouvement n’avait vu le jour, et il porte l’universalité de son saint fondateur : à la fois totalement contemplatif et actif, respectant chaque effort individuel et le rassemblement des masses, englobant l’idée de plus haut travail intellectuel (Académies de l’Immaculée) et les réalisations les plus pratiques, l’invariable et éternelle foi catholique avec ses 2000 ans de Tradition ainsi que les techniques et inventions les plus modernes de notre époque.

Le Supérieur Général étudia les arguments qui lui étaient soumis et accepta la fondation de la MI d’observance traditionnelle en Pologne. Le 6 mai 2000, le premier samedi du mois de Marie, environ 50 catholiques fidèles devinrent les premiers Chevaliers de l’Immaculée. Ils reçurent le « dyplomik » (petit diplôme), une copie de ce document écrit et signé par saint Maximilien lui-même. Les fruits de cette fondation furent immédiats : augmentation de la générosité parmi les chevaliers, vie de prière régulière, esprit apostolique, exprimés tout spécialement par une augmentation intense de l’apostolat écrit (publications, livres, brochures, tracts) qui firent connaître la tradition catholique en Pologne. Grâce à la publication des textes de saint Maximilien Kolbe lui-même et de ses camarades chevaliers écrits avant la Seconde Guerre Mondiale, bien des fidèles purent observer l’immense différence et même la contradiction entre les nouveautés à l’intérieur de l’Eglise dans l’esprit de Vatican II et la spiritualité et les idéaux des 50 premières années de la MI.

En 2002, les Pères Capucins traditionnels de Morgon désirèrent rejoindre la MI et l’établir en France. En 2004 les premiers prêtres américains établissent la MI dans certains prieurés et certaines chapelles des Etats-Unis, la Suisse suivit en 2006. Mais tous les débuts résultaient généralement de l’engagement individuel « d’admirateurs » de saint Maximilien et le mouvement était généralement inconnu dans le monde traditionnel (Pologne excepté). Seulement durant les trois dernières années il sembla que Notre Dame Elle-Même souhaita que Sa petite armée grandisse. Sans aucune publicité ou promotion spéciale, de plus en plus de fidèles s’intéressèrent, grâce à la publication de brochures et de livres concernant la MI ainsi que l’ouverture de trois importants sites internet Pologne, Suisse et Asie. En trois ans, le nombre de chevaliers fit plus que doubler, passant d’à peu près 5 000 en 2013 à 13 000 en 2016. Jusqu’à maintenant la prise en charge de la MI était laissée à l’initiative des prêtres de la MI qui essayaient par leurs propres initiatives de « faire quelque chose » avec la permission de leurs supérieurs. Afin d’unir les différents efforts et de constituer la MI comme une petite armée de la tradition catholique, le Supérieur Général – l’autorité suprême de la MI – délégua à votre serviteur le rôle de coordinateur international ou, selon les termes de saint Maximilien, « le directeur » de la MI.

Si vous méditez un peu plus longtemps les sept points mentionnés ci-dessus concernant l’importance de la MI pour notre époque si particulière, vous comprendrez peut-être pourquoi cela est notre rêve d’amener 100 000 chevaliers dans les traces de Notre Dame pour le centième anniversaire de Ses apparitions à Fatima. Quand, en 1917, de gigantesques armées anti-chrétiennes émergèrent dans le monde (Franc-maçonnerie à Rome, communisme à Moscou), Notre Dame répondit avec Fatima et la fondation de la MI. En 2017 les armées anti-chrétiennes célèbrent leur anniversaire comme un symbole de triomphe dans leur domination totale du monde. Ne pensez-vous pas que Notre Dame souhaite à nouveau répondre avec SA petite armée, « ses apôtres des temps derniers » (Saint Louis Marie Grignon de Montfort), Ses enfants consacrés à SON Cœur Immaculé (Fatima), SES fidèles chevaliers (Saint Maximilien Kolbe) ?

Permettez-moi de conclure par une humble requête adressée à chacun d’entre vous : le 14 août nous célébrerons le 75ième anniversaire de la mort héroïque de saint Maximilien. Pourriez-vous s’il vous plaît faire tous les efforts possibles pour trouver UN catholique et le convaincre de rejoindre la Milice de l’Immaculée avant cette date ?!

Jour de la fête  « MARIE REINE», le 31 mai 2016

Avec ma bénédiction,

Votre dévoué,

Abbé Karl Stehlin