Lettre n° 04 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 6 décembre 2016

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde »

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

Dès son enfance, saint Maximilien Kolbe reçut un profond amour et une vénération pour Notre-Dame. Il grandit avec les dévotions polonaises de l’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde », « La Très Sainte et Bienheureuse Vierge » et de nombreux autres titres bien connus de chaque catholique de ce pays. L’Immaculée Conception était spécialement célébrée pour souligner la vérité catholique contre les schismatiques russes orthodoxes qui n’acceptaient pas ce privilège comme dogme de foi. Mais l’appellation « l’Immaculata » comme nom propre fut forgée par lui : il voulait rendre populaire le grand mystère de l’Immaculée Conception qui était plus pour lui que le contenu du dogme proclamé en 1854 (à savoir que, par un privilège unique, Notre-Dame avait été conçue, exempte de la tâche du péché originel). Saint Maximilien parlait souvent de la dimension pratique de cette vérité de foi, qui devint la source de toute sa vie spirituelle et de son immense action apostolique. Le plus beau fruit de sa dévotion fut certainement la Militia Immaculatae (M.I.), qui rassemblait autour d’ELLE un nombre toujours plus grand d’âmes également enthousiastes et impressionnées par ELLE, l’Immaculée.

L’idée principale derrière la fondation de la M.I. était de former une armée autour de Notre-Dame, un escadron d’élite plein d’idéal. C’est pourquoi saint Maximilien les appela « chevaliers » et non pas simples soldats. Il avait à l’esprit la grande règle divine : Dieu, dans son action sur terre, utilise toujours des instruments créés, et généralement sans eux il n’agirait pas dans le monde. Son Royaume sur terre est une Eglise sacerdotale et chaque chrétien doit collaborer avec la grâce de Dieu au salut des âmes pour accomplir le plus grand commandement -l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

La M.I. est devenue un moyen important de réveiller les fidèles souvent endormis et de les sensibiliser à leur rôle vital dans l’Église militante : combattre au côté de la femme de l’Apocalypse contre les ennemis de notre salut. Quelle grâce pour nous de redécouvrir notre noble, immortelle et éternelle vocation ! ELLE nous appelle, dans sa miséricorde infinie, à travailler au triomphe de Son Cœur Immaculé ; Elle nous permet de devenir « chasseurs d’âmes » et nous fait produire « des fruits éternels » d’une éternelle récompense, parce que « ce que nous avons fait pour les autres, nous le faisons deux fois, trois fois et plus pour notre propre bien ».

Saint Maximilien nous enseigne que tout cela est important ; cependant, ce n’est pas le plus important ! En fait, le concept central dans la MILITIA IMMACULATAE n’est pas le « chevalier », mais l’Immaculata. Dans le certificat des chevaliers (mały dyplomik), les premiers mots employés sont les citations que nous trouvons aussi dans l’acte de consécration : « Elle écrasera la tête de Satan » et « Vous seule avez vaincu toutes les hérésies dans le monde entier ». Si vous vous trouvez dans l’atelier d’un grand artiste et que vous admirez ses merveilleux chefs-d’œuvre, vous serez plein d’éloges pour l’artiste, vous admirerez ses talents et ses remarquables réalisations ; vous ne penserez pas à ses outils, à ses stylos et crayons. Si vous entrez dans une maison si propre qu’elle brille, vous serez plein d’éloges pour la maîtresse de maison et ne serez pas intéressé par les balais et les chiffons qu’elle a utilisés pour nettoyer.

Dans la M.I. presque rien ne se rapporte à nous, mais TOUT se rapporte à ELLE ! ELLE est tout dans la M.I., ELLE est tout dans notre vie, ELLE est « notre vie, notre douceur et notre espoir ». La M.I. se rapporte à la découverte la plus étonnante et la plus exceptionnelle ; une découverte qui apporte tant de lumière dans nos ténèbres, tant d’éternité dans notre néant, tant de joie dans notre triste vie, tant de sensations palpitantes dans notre train-train banal et morose, tant d’AMOUR dans notre âme froide et sans cœur.

Et quelle est cette découverte ? Que DIEU qui nous a créés, qui a décidé de nous donner le bonheur éternel, qui est venu lui-même pour nous sauver, nous convoque à un endroit où l’Incréé touche le créé et s’est uni lui-même à une nature humaine. Ce lieu, il l’appelle le « Saint des Saints », le sanctuaire qui sera à jamais « sa maison créée ». Quelle pensée inspirée d’admiration : être admis dans la MAISON DE DIEU SUR TERRE !

Quel est ou plutôt qui est ce lieu, ce lien entre l’éternité et le temps, entre le ciel et la terre ?

Imaginez la majesté de la très sainte Trinité décidant, avant tous les temps, de la création et du salut du monde. Toutes les créatures possibles, il se les représente d’un coup d’œil, comme sur une carte. Il voit tous celles qui seront jamais créés, le nombre presque infini de purs esprits et tous les hommes. Mais ses yeux ne sont fixés que sur ELLE, et ELLE sera la tête de toutes les créatures, la « bénie entre toutes ».

 

ELLE devait devenir une MAISON pour le FILS, dont la maison éternelle est le sein du Père.

« Au commencement, avant toute création, j’ai été conçue ». Dans l’esprit éternel de Dieu, elle devait être la fille éternellement élue du Père, la mère du Fils et l’Épouse du Saint-Esprit.

L’IDÉE éternelle de la Providence divine était de créer le monde, afin que son Fils puisse devenir homme, devenir JÉSUS, à travers qui, en qui et pour qui, toutes choses ont été créées et toutes auraient à retourner à Dieu. Pour réaliser cette IDÉE géniale, Dieu a conçu une autre idée (ou concept), pareillement éternelle, d’un être humain à partir duquel le Fils pourrait prendre sa nature humaine, son corps et son sang et le très Sacré-Cœur : et c’est ainsi que fut conçue, dans sa sagesse éternelle, MARIE, la Mère de la PAROLE éternelle, la maison de Dieu sur la terre !

Quand nous parlons et pensons à ELLE, nous le faisons avec le pauvre outil de notre raison limitée : nous méditons sa nativité de sainte Anne et Joachim, l’Annonciation, Noël, la fuite en Egypte et les années cachées à Nazareth. Nous la suivons discrètement pendant la vie publique de Notre-Seigneur et la retrouvons au pied de la Croix. Et après sa résurrection, nous admirons sa glorieuse assomption et toute les interventions merveilleuses de notre Mère céleste pour aider ses enfants en danger permanent.

Mais nous devrions aussi essayer d’élever nos esprits autant que faire se peut jusqu’aux limites où le temps et l’espace se terminent, et où l’éternité commence, où il n’y a plus de passé et d’avenir, mais un éternel MAINTENANT. Et que nous est-il permis d’y voir ?

LA TRINITE INFINIE qui LA choisit, la première-née de toutes les créatures dans son esprit éternel, plus précieuse et plus grande que les chérubins et les séraphins, tant et si bien que par rapport à elle toutes les autres créatures sont ce qu’un petit lac est à un immense océan. Le chef-d’œuvre de toutes ses œuvres, cependant, sera un être humain, et tous les êtres humains après la chute de leurs premiers parents auront besoin de la rédemption.

Ainsi, ELLE aussi sera rachetée par ce Précieux Sang qui devait être pris d’elle-même. Dieu, en prévoyant le Calvaire, verse le Précieux Sang sur son âme au moment de sa conception : ce Sang bloque en ELLE « l’entrée » au péché originel : « Quand, à la parole de Dieu, l’âme et le corps de Marie jaillirent du néant, les Divines Personnes pénétrèrent en ce même instant leur créature de choix, et leur accueil et leur toucher fut la grâce de l’Immaculée Conception » (P. Faber).

« Voici le tabernacle, la demeure du Très-Haut parmi les fils de l’homme » : entièrement pur, complètement exempt de la moindre ombre d’imperfection, la sainteté créée ! Marie est exempte de tout ce qui pourrait limiter l’action de Dieu dans sa créature.

Être « immaculée » n’est qu’une description négative d’être pleine de grâce, de la plénitude de la vie de Dieu, de la totalité absolue de l’Amour infini de Dieu donné à toutes les créatures. Créée à partir de rien, au moment même de son existence, Marie est élevée aux sphères de la nature de Dieu comme aucune autre créature. Avec la volonté la plus libre, elle se donne à Dieu, elle disparaît de plein gré dans les flots de lumière et de grâce qui submergent son âme, afin que Dieu puisse être « tout en tout ».

La MAISON de Dieu sur la terre est prête : LUI-MÊME peut venir quand il veut ! Il ne trouvera aucun obstacle, mais un désir infini, une entière pauvreté, un vide béant et un cœur immaculé aux battements de l’AMOUR même du Saint-Esprit qui l’a choisie de toute éternité comme épouse.

IMMACULATA signifie : la présence toute sainte de Dieu sur la terre, le plus pur calice rempli des eaux vivantes de la plénitude de la grâce de Dieu, de la vie de Dieu et de l’amour de Dieu. Cet être humain est tellement pénétré par le Saint-Esprit, que tout en elle n’est qu’une transparence de Sa présence et de Son action : ses pensées, ses gestes, ses paroles, son action sont plus les pensées, les désirs, les paroles et les actions du Saint-Esprit que les siennes propres.

Immaculata signifie le sanctuaire sans tâche où le Fils entrera à la plénitude du temps et fera d’ELLE sa propre Mère et Associée dans son œuvre de rédemption. Elle détournera la malédiction de la première Ève qui perdit sa beauté immaculée pour elle-même et pour tous ses enfants. La nouvelle Eve sera non seulement plus immaculée que la première, mais aussi la « mère des vivants » afin d’anéantir la tâche et la souillure du serpent partout où ELLE est autorisée à donner la vie surnaturelle.

Immaculée signifie la Mère et la Reine de tous ceux qui sont rachetés par le Sang de Jésus-Christ, qui les invite tous à se joindre à lui dans sa MAISON sur terre, dans ce sanctuaire qui devient pour eux « un refuge sûr et le chemin qui les conduit à Dieu ».

Tous ces mystères insondables (et beaucoup d’autres) sont contenus dans le simple terme inventé par saint Maximilien Kolbe : IMMACULATA ! Est-ce que nous comprenons maintenant pourquoi il insiste si souvent sur le fait que, au sujet de Ses mystères, nous apprenons plus à genoux, en profonde contemplation, que dans la lecture de nombreux livres savants ?

NOTRE-SEIGNEUR nous invite : « Mon enfant bien-aimé, viens à la maison ! » Et ceux qui, avec admiration, crainte et joie enthousiaste, répondent : « Oui, j’arrive ! » sont appelés ENFANTS DE L’IMMACULATA ! C’est le plus grand cadeau qu’un homme puisse recevoir sur la terre, et nous devrions dire avec une immense gratitude : « Moi, un vagabond exilé et errant, un mendiant, j’ai trouvé ma maison ! »

Mais que signifie donc CHEVALIER DE L’IMMACULATA ? Simplement d’avoir le désir d’amener autant d’âmes possible ‘à la maison’ ! Afin qu’elles trouvent aussi le sanctuaire le plus pur et le plus saint de la terre ! Afin que toutes les âmes puissent trouver la force de lutter contre tout ce qui est souillé (Satan, le péché et le monde pervers), que pendant cette guerre de toute la vie elles trouvent un abri sûr et une MAISON, où elles peuvent se remettre de leurs blessures.

Mais surtout : LE CHEVALIER DE L’IMMACULATA est la présence vivante de l’Immaculée Conception dans le monde : et partout où ELLE apparaît, les ténèbres de l’erreur et les tâches du péché doivent disparaître. En lui et par lui, ELLE répète elle-même ce qu’elle a dit à Sainte Bernadette à Lourdes : JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION ! Et au milieu des interminables épreuves et tribulations de ces temps apocalyptiques, le CHEVALIER apporte à beaucoup d’âmes un rayon de paix céleste et de bonheur éternel: O IMMACULATA !

Abbé Karl Stehlin

Conférence sur la théorie du genre par monsieur l’abbé Olivier Berteaux, Fsspx

 

Le 13 avril 2018, Le Lys et La Croix organisait une conférence sur la théorie du genre donnée par monsieur l’abbé Olivier Berteaux, Fsspx. Nous le remercions généreusement pour son temps et pour la qualité de son intervention et nous remercions également tous ceux qui sont venus nombreux.

De nos jours, la théorie du genre est partout présente, surtout en éducation. Plusieurs personnes peuvent se sentir démunies et ne pas comprendre les fondements, les origines et la valeur de cette théorie pernicieuse. Dans cette conférence, l’abbé Berteaux prend le soin méticuleux de montrer les origines philosophiques rousseauistes de cette théorie et met en lumière les erreurs de celle-ci qui nie la nature humaine.

Nous vous invitons donc à partager au maximum cette vidéo qui se veut bien modestement un remède aux idées mensongères qui circulent malheureusement dans la société.

Sainte Vierge Marie, protégez nos enfants.

Vous trouverez la conférence ici.

Le Lys et La Croix

Intronisation du Sacré-Coeur dans les foyers

Lettre de Sa Sainteté Pie XII au Père Matéo Crawley-Baevey le 11 juillet 1948

Lettre de Son Eminence le Cardinal G.M. van Rossum, Préfet de la Propagande à Rome, au R.P. Joachim Kaptein SS.CC. Directeur de l’œuvre de l’Intronisation à Ginneken en Hollande

Lettre de Son Eminence le Cardinal Louis Billot, S.J. au Père Matéo Crawley-Boevey le 26 avril 1915

Lettre de Sa Sainteté Benoît XV au Père Matéo Crawley-Boevey

Promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ faites à sainte Marguerite-Marie Alacoque

Catéchisme de l’intronisation

Lettre n° 10 du Père Directeur de la MI – Saint Maximilien Kolbe à saint Grignion de Montfort – 26 février 2018

Chers Chevaliers de l’Immaculée,

Afin de comprendre correctement saint Maximilien Kolbe, nous devons revenir aux sources les plus importantes qui ont mis en forme et inspiré sa vie intérieure : l’histoire de son pays, complètement marqué par la présence de Marie, particulièrement vénérée en Pologne, comme le « Commandant-en-chef » des armées chrétiennes, la Médaille miraculeuse, les apparitions de Marie à Lourdes et en particulier saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Le plus probable est qu’il a rencontré le grand maître de la « parfaite soumission à Marie » pendant ses études à Rome. Ce n’est certainement pas une coïncidence s’il fut ordonné prêtre le 28 avril, la fête de saint Louis-Marie (à cette époque il n’était encore que le bienheureux Louis-Marie), il y a exactement 100 ans.

Il fit connaître saint Louis-Marie en Pologne, imprima et diffusa la première traduction du « Secret de Marie ». Dans la préface, il rédigea une courte biographie et un résumé de la spiritualité de Grignion. Il insista surtout sur la similitude de la situation aux différentes époques auxquelles ils vécurent. À l’époque de st Louis-Marie, les ennemis étaient les jansénistes, aujourd’hui ce sont les francs-maçons et les différentes sectes. La marque distinctive de tous : une haine pour la véritable dévotion à Jésus et Marie. Comme les Chevaliers de l’Immaculée aujourd’hui, Grignion était alors le grand apôtre de la Médiatrice de toutes les grâces. Tel un outil parfait dans ses mains immaculées, il a sauvé d’innombrables âmes des chaines de Satan durant ses célèbres missions. Tout comme aujourd’hui la M.I. fait face aux armées toutes puissantes du mal, Grignion fut aussi exposé au pouvoir puissant de l’ennemi. Souvent seul, abandonné même par ses amis, il devint la cible de la méchanceté et de la jalousie des hérétiques. Et cependant, Grignion et Maximilien ont surtout tiré ensemble la source de leur force et de leur courage : ils ont mis toute leur confiance en Notre-Dame et lui étaient totalement obéissants en tout, toujours et partout et totalement, il n’y a qu’ELLE qui compte !

Il y a cependant une coïncidence encore plus importante : Grignion de Montfort fut certainement inspiré « d’En-Haut » quand il mit en évidence le rôle de Marie à la fin des temps : si la suprématie du dragon et de ses serviteurs est si grande qu’ils peuvent réussir à détruire l’Église et à entraîner presque tous les hommes sur le chemin de la damnation, alors à ce moment la Femme de l’Apocalypse apparaît (Apoc. 12, 1). À travers ses fidèles serviteurs, Elle écrase la tête de Satan et vainc toutes ses attaques, mais surtout, par ses fidèles « apôtres de Jésus et Marie de la fin des temps », Elle reprend à son adversaire une innombrable quantité d’âmes. St Maximilien attire l’attention des Chevaliers de l’Immaculée sur la description par Grignion de ces fidèles esclaves de Marie, qui ne craignent aucun pouvoir, qui vont partout où leur Reine les envoie, qui tiennent le crucifix dans leur main droite, le rosaire dans la main gauche et ont gravé dans leur cœur les noms de Jésus et de Marie.

Il veut que les Chevaliers de l’Immaculée s’identifient aux apôtres de Jésus et de Marie de la fin des temps : « Notre but et les moyens d’atteindre cet idéal (être apôtre de Jésus et Marie) sont en accord complet avec les vues de saint Louis-Marie. Son désir le plus ardent, le désir de toute sa vie, fut d’honorer l’Immaculée en tant que Reine de toute l’humanité, pour transmettre son amour à tous les cœurs battant des hommes. »

Pour cette raison, selon le vœu de saint Maximilien, tous les habitants de la Cité de l’Immaculée, à la fois en Pologne et au Japon, ont fait la consécration selon Montfort. Pour devenir un véritable Chevalier de l’Immaculée dans le sens complet du terme, on doit être son enfant obéissant et son esclave soumis. On ne peut devenir totalement un instrument que si on appartient complètement à l’artiste comme sa propriété.

Il est certainement vrai que saint Maximilien a rendu facile pour chacun de devenir un Chevalier, et ne demande pratiquement rien d’autre que la consécration, une petite prière quotidienne et le fait de porter la Médaille miraculeuse. Néanmoins, il exprime son désir le plus profond que chaque Chevalier se sente investi d’une mission magnifique et incroyablement importante : « Nous devons nous efforcer d’appartenir toujours plus à l’Immaculée, de Lui être obéissants et ainsi d’être son instrument pour qu’Elle puisse nous utiliser comme Elle le veut, afin de sauver autant d’âmes que possible. »

Cependant, ceci est incroyablement difficile, particulièrement de nos jours. Et plus la fin approche, plus le combat devient difficile et dangereux ! Dans de tels moments, nous ne devrions jamais oublier que la moindre chose que nous faisons pour l’Immaculée est généreusement récompensée par Elle. Le premier à être rempli des grâces de l’Immaculée sera son fidèle instrument lui-même. Mes efforts pour la conversion des pauvres pécheurs me bénéficieront à moi d’abord, le plus pauvre des pauvres pécheurs.

Mais quelle est la différence entre les deux consécrations ? Comment sont-elles liées l’une à l’autre ?

Notre-Dame a donné à saint Louis-Marie la grâce de la dévotion véritable et parfaite envers Elle. À travers cette dévotion, Elle devient notre mère et reine dans le sens le plus vrai du terme et nous devenons ses enfants et esclaves. En tant que mère, Elle prend notre main et nous aide à retourner à Dieu, pour sauver nos âmes, pour nous libérer des pièges du diable et nous accrocher à Jésus-Christ. De cette manière, nous accomplissons nos vœux de baptême et commençons à remplir le commandement de Dieu le plus important : l’amour de Dieu par-dessus tout ! Visiblement, la « dévotion parfaite » nous est donnée pour notre propre conversion et sanctification, pour notre relation avec Dieu Lui-même : « Sans ma Mère et Reine, je ne trouverai jamais « la voie, la vérité et la vie ». Même si je les avais trouvées, je les perdrais sûrement à nouveau sans Marie. Mais maintenant qu’Elle dirige le vaisseau de ma vie, Elle va me ramener sain et sauf au port. »

Après le premier commandement majeur sur l’amour pour Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande également de « nous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés », et il appelle ceci son nouveau commandement. Comment est-ce que le Christ nous a aimés ? Il s’est donné Lui-même pour nous sauver de la damnation éternelle et nous conduire à la béatitude éternelle.

Et ici aussi, nous devons nous demander : à quelle fréquence pensons-nous au salut de nos semblables ? Nous ne faisons pas attention à la plupart d’entre eux, les autres nous ennuient et s’il nous arrive de souhaiter du bien à quelqu’un, alors c’est en général pour lui souhaiter « santé, bien-être et succès ».

Là, le Seigneur nous envoie un secours afin que nous puissions de mieux en mieux mettre en pratique le grand commandement de la charité : c’est la Mère aimante, la Reine, qui après le Christ, aime tant tout le monde, chacun d’entre nous plus que l’amour de toutes les meilleures mères du monde pour leurs propres enfants chéris. De plus, le Christ Lui a donné toutes les grâces afin que ces gens soient convertis et sauvés. Mais maintenant Dieu souhaite également que nous participions à cette œuvre. C’est pourquoi, nous avons reçu un autre sacrement, la sainte confirmation, qui nous imprègne du Saint-Esprit, non seulement pour notre propre sanctification, mais aussi pour devenir les soldats du Christ et pour participer à l’édification du Corps Mystique du Christ.

Pour ne pas gâcher les grandes grâces du sacrement de confirmation et pour finalement entrer dans l’armée du Roi et suivre son appel, le Seigneur nous envoie l’Immaculée afin que nous devenions ses Chevaliers, que nous rejoignions sa petite armée et L’aidions à sauver les âmes de ses enfants, autant que possible. Et voici la Reine du Ciel vient à moi comme une mendiante et me demande humblement : « Mon enfant, J’ai besoin de toi ! Veux-tu M’aider à sauver mes enfants, les âmes immortelles ? Tant d’âmes sont perdues pour toujours parce qu’il n’y a personne qui prie ni ne fait de sacrifices pour elles » (voir l’apparition du 19 août 1917 à Valinhos).

Pour cette mission, l’Immaculée nous a envoyé son serviteur, qui nous enseigne à sauver les âmes, en tant qu’instruments et pour répandre de plus en plus les grâces de la sainte confirmation : saint Maximilien Kolbe a fondé la Militia Immaculatae pour mettre le monde entier à ses pieds, afin qu’ »Elle puisse écraser partout la tête du diable et puisse vaincre les hérésies à travers le monde ».

Comme l’amour du prochain se construit sur l’amour de Dieu et le présuppose, et comme la confirmation se base sur le baptême, le présuppose et le complémente, ainsi toute l’œuvre de saint Maximilien est basée sur la consécration totale à Marie selon Grignion, comme son extension et son complément. En d’autres termes, pour compléter la consécration entière à Marie selon saint Louis-Marie, on recourra à la consécration de saint Maximilien. Seulement à ce moment-là, notre existence entière pourra être rendue entièrement dépendante de Marie, pénétrée par sa présence et la plénitude de sa grâce : non seulement notre relation avec Dieu mais aussi notre relation avec notre semblable ; non seulement notre propre sanctification mais aussi la mission que nous avons reçue de Dieu dans ce monde, c’est-à-dire être le champion du Christ pour l’expansion de son Royaume. Notre chemin vers le Ciel, nos luttes sur terre pour le salut des âmes : tout sans exception, tout Lui appartient, tout comme Elle appartient à Dieu.

D’un autre côté cependant, cela signifie aussi que le Chevalier de l’Immaculée doit encore et toujours être conscient de ses fondations spirituelles : « Ô ma Reine, victorieuse dans toutes les batailles de Dieu, je peux être votre instrument et votre chevalier dans votre armée, mais seulement dans la mesure où je suis complètement votre enfant et Vous ma Mère, je suis votre esclave et vous ma Maîtresse. »

Pour parler rigoureusement, on ne peut être totalement son Chevalier sans la consécration totale par laquelle nous reconnaissons solennellement Marie comme notre Mère et notre Reine, et ainsi notre dépendance absolue envers Elle en tant que ses enfants et esclaves.

Si vous n’avez pas encore fait votre consécration selon saint Louis-Marie, le Commandant-en-chef voudrait vous inviter à découvrir le secret de la victoire certaine dans toutes les luttes et toutes les batailles. Si vous rejetez cette invitation, vous ne serez jamais un combattant acharné de l’Immaculée. Au contraire, vous serez souvent trop faible pour résister aux attaques des terribles ennemis. De plus, vous ne pourrez rien faire de spécial dans cette bataille, car le général ne pourra compter qu’un peu sur vous, vos armes sont rouillées et vos munitions sont épuisées.

Si vous avez déjà reçu la grâce formidable que la Reine vous accepte comme son esclave et enfant, et qu’Elle est à présent théoriquement capable de vous mener en sûreté au sommet de la perfection, il est très important de renouveler encore et toujours la soumission totale à Marie, au moins une fois par an. [1]

La raison est simple : tant que nous vivons, nous manquerons toujours de la confiance pour comprendre totalement et sérieusement cette dévotion. À travers chaque renouvellement de notre consécration, nous devenons un peu moins misérables et un peu plus fidèles !

Il y a une autre raison : le combat est terrible, nous sommes toujours sur le champ de bataille. Le Chevalier peut être facilement fatigué, surtout quand il est constamment occupé à aider l’Immaculée à sauver les âmes. Le tumulte sans fin nous use. C’est pourquoi la Mère veut nous tirer à Elle, afin que nous puissions nous reposer un instant, tel un enfant sur le cœur de sa mère. Elle veut nous rappeler à nouveau combien Elle nous aime, combien pour nous Elle est une Mère et ce qu’Elle veut de nous (2e semaine de préparation). Elle veut que nous réfléchissions encore et encore sur qui nous sommes, en tant que créatures complètement dépendantes de Dieu, mais aussi en tant que pauvres hommes déchus (1re semaine de préparation). Elle désire surtout nous mener à son Fils, afin qu’à travers Elle, nous puissions Le connaître et L’aimer totalement, et puissions Lui appartenir, Lui qui nous a aimés « sans limite et qui s’est donné pour nous jusqu’à la mort sur la Croix » (3e semaine de préparation).

Le jour de solennité préféré du Père de Montfort est le 25 mars, fête de l’Annonciation, à laquelle tous sont invités à renouveler l’acte de consécration (ou à le faire pour la première fois). La grande solennité de la M.I. est le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, au cours de laquelle nous devons faire le renouvellement de l’acte de consécration pour être son instrument. Ainsi, la préparation et la consécration en tant qu’esclaves tombent en général pendant le Carême, alors que la consécration en tant que Chevaliers tombe pendant l’Avent. Si ceci n’est pas une réminiscence de la Providence, qui de cette manière nous aide à prendre cette magnifique résolution en ces temps de pénitence et de conversion ?…

À part ça, toutes les fêtes de Marie sont aussi convenables pour renouveler nos consécrations à l’Immaculée, une dévotion importante pour que n’oublions jamais notre identité : maintenant et pour toute l’éternité, nous avons le privilège d’être enfants, esclaves et chevaliers de l’Immaculée.

QU’ELLE SOIT LOUEE ET GLORIFIEE pour cette grâce que nous ne méritons pas !

Jakarta, le 26 février 2018.

Abbé Karl Stehlin

[1] Pour le renouvellement annuel de l’acte de consécration, saint Louis-Marie souhaite que nous le préparions pendant trois semaines : « Chaque année, le même jour, vous devriez renouveler la consécration pendant trois semaines après les mêmes exercices. Vous pouvez même la renouveler chaque mois ou même chaque jour en récitant cette courte prière : « Je suis à Vous et tout ce que j’ai est à Vous, mon cher Jésus par Marie, votre sainte Mère. » (Traité n° 233).

Lettre n° 08 du Père Directeur de la M.I. – 16 octobre 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée,
Il y a exactement 100 ans, Saint Maximilien Kolbe avec la permission de son supérieur a fondé la Militia Immaculatae. Il n’y a pas de meilleur moyen de commémorer cet événement mémorable que de laisser le fondateur parler lui-même :
“BEAUCOUP D’EAU est déjà passée sous les ponts : tout cela arriva il y a presque 18 ans, et donc j’ai déjà oublié bon nombre de détails.
Cependant, puisque le Père Gardien (Kornel Czupryk) me demande de raconter les débuts de la MI, j’en ferai une description que ma mémoire me permet de rappeler.
Je me souviens avoir parlé avec les frères clercs à propos de l’état déplorable de notre Ordre et à propos de son avenir. Et dans ces moments, l’idée suivante me venait à l’esprit : soit le reconstruire soit le détruire. Je ressentais une tristesse profonde pour ces jeunes gens qui venaient souvent à nous avec les meilleures intentions et la plupart du temps perdaient leur idéal de sainteté dans la confrérie même. Et pourtant je ne savais pas bien quoi faire.
Laissez-moi remonter un peu plus dans le temps.
Je me souviens toujours que quand j’étais un petit garçon j’avais acheté une statue de l’Immaculée pour cinq kopeks. Et au séminaire mineur, où nous assistions à la Messe dans le chœur, mon visage prosterné à terre, je promettais à la Très Sainte Vierge, dont l’image dominait l’autel, que je me battrais pour elle. Mais comment ? Je ne le savais pas encore. Cependant, j’envisageais un combat avec des armes matérielles.
Pour cette raison, quand le temps fut venu pour moi d’entrer au noviciat, je me confiai au Père Supérieur, Père Dionizy (Sowiak), de sainte mémoire, de cette difficulté que j’avais à entrer dans la vie religieuse. Il transforma ma décision en un engagement à réciter le “Sub tuum praesidium” chaque jour. J’ai continué à réciter cette prière jusqu’à ce jour, même si je comprends maintenant quel type de bataille l’Immaculée avait à cœur.
Bien que je fusse très incliné à l’orgueil, je me sentais irrésistiblement attiré par l’Immaculée. Dans ma petite cellule, sur mon prie-Dieu, j’avais toujours gardé l’image d’un saint à qui l’Immaculée avait apparu. Et je me tournais souvent vers elle dans mes prières. En voyant cela, un frère me dit que je devais être très dévoué à ce saint.
Quand à Rome, les francs-maçons commencèrent à sortir au grand jour, en brandissant leurs bannières sous les fenêtres du Vatican, représentant sur des bannières noires les disciples de Giordano Bruno, St Michel Archange écrasé sous le pied de Lucifer et insultant ouvertement le Saint Père dans des tracts de propagande, la pensée me vint de créer une association engagée à combattre la Franc-Maçonnerie et autres serviteurs de Lucifer. Pour être certain que l’idée venait de l’Immaculée, je pris conseil de mon directeur spirituel à cette époque, Père Alessandro Basile, un Jésuite, confesseur ordinaire des étudiants du Collège. Ayant obtenu son assurance de sainte obéissance, je me mettais au travail.
Entre temps cependant, nous déménageâmes à la confrérie “Vigne” qui est à environ 20-30 minutes à pied du Collège, pendant la période des vacances. Pendant un match de football, du sang commença à sortir de ma bouche. Je me mis à l’écart et m’allongeai sur l’herbe. Frère Girolamo Biasi, de sainte mémoire, prit soin de moi. Je crachais du sang pendant un bon bout de temps. Peu après, je me rendis chez le docteur. Je me réjouissais à l’idée que peut-être j’étais déjà à la fin de ma vie. Le docteur m’ordonna de retourner (au Collège) en bus et de me mettre au lit. Les médicaments arrivaient à peine à arrêter le sang de couler. Pendant ces jours-là, le jeune et pieux Frère Girolamo Biasi, de sainte mémoire, venait me voir.
Deux semaines plus tard, le docteur m’autorisa finalement à sortir pour la première fois. En compagnie d’un autre prêtre, Frère (Giovanni) Ossanna, je me rendis à la “Vigne”, bien qu’avec grand-peine. Quand les prêtres me virent, ils se réjouirent et étaient de bonne humeur, et ils m’apportèrent des figues fraîches, du vin et du pain. Après avoir eu quelque chose à boire et à manger, mes douleurs et crampes cessèrent et pour la première fois, je mentionnais l’idée de débuter une association au Frère Girolamo Biasi et au Père Iosif Pal, qui avait été ordonné prêtre avant moi, bien que nous ayons été élèves la même année en théologie. Cependant, je stipulais que chacun devait tout d’abord consulter son directeur spirituel, afin de s’assurer que cela était bien la volonté de Dieu.
Ayant retrouvé une partie de mes forces, je fus envoyé à Viterbo en compagnie du Frère Antoni Głowiński, mon collègue, pour une période de repos supplémentaire. A cette occasion, Frère Antoni Głowiński rejoint la MI. Peu après, Frère Antonio Mansi, si je me souviens bien et Frère Enrico Granata, tous deux prêtres de la Province de Naples rejoignirent le mouvement également.
Personne au Collège ne connaissait l’existence de cette association à part ceux qui appartenaient à la MI. Seul le Recteur, Père Stefano Ignudi, en sa capacité de Supérieur, était au courant de l’existence de la MI. De notre côté, nous ne faisions rien sans sa permission, car cela était une preuve d’obéissance et la volonté de l’Immaculée. Ainsi, avec l’assentiment du Père Recteur, le 16 octobre 1917, la première réunion des sept premiers membres eut lieu, c’est-à-dire :
(1) Père Iosif Pal, jeune prêtre de la Province Roumaine
(2) Frère Antoni Głowiński, diacre de la Province Roumaine (mort le 18 octobre 1918)
(3) Frère Girolamo Bias, de la Province de Padoue (mort en 1929)
(4) Frère Quirico Pignalberi de la Province de Rome
(5) Frère Antonio Mansi, de la Province de Naples (mort le 31 octobre 1918)
(6) Frère Enrico Granata, de la Province de Naples
(7) Moi-même
La réunion se tint la nuit, en secret, dans une cellule éloignée et scellée construite en utilisant des murs provisoires. Face à nous se tenait une petite statue de l’Immaculée entre deux bougies allumées. Frère Girolamo Biasi fit office de secrétaire. Le but de cette première réunion était de discuter du “Programme de la MI” (le certificat de la MI), et ceci dans la mesure où le Frère Alessandro Basile, qui était également confesseur du Pape (Benoit XV), avait promis de demander au Saint Père la bénédiction de la MI. Frère Basile cependant ne tînt pas sa promesse et nous obtinrent notre première bénédiction orale du Saint Père par l’Evêque Mgr. Dominique Jaquet, professeur d’histoire ecclésiastique à notre Collège.
Pendant plus d’un an après cette réunion, la MI ne fit aucun progrès. En réalité, toutes sortes de difficultés s’étaient amoncelées au point que les membres étaient gênés de la mentionner entre eux. L’un d’entre eux tenta même de convaincre les autres que la MI était quelque chose d’inutile. Ce fut à ce moment que, par un signe extraordinaire de sélection, l’Immaculée rappela à ses côtés le Père Antoni Głowiński et dix jours plus tard, le Frère Antonio Mansi, tous deux victimes de la grippe espagnole. Quant à moi, l’état de mes poumons empira : chaque fois que je toussais, je crachais du sang. Et ce fut quand tout commença à changer. Ayant été exempté d’école, je pris l’opportunité de recopier le “Programme de la MI” et de la donner au Très Révérend Père Général (ou plutôt au Vicaire Général, Père Domenico Cavani), afin d’obtenir sa bénédiction par écrit. “S’il y avait au moins 12 comme vous…, “ dit le Très Révérend Père. Il mit par écrit sa bénédiction et dit à haute voix son désir (je crois bien en cette occasion particulière) que la MI se propage parmi la jeunesse.
Les adhésions commencèrent à augmenter à ce moment-là et augmentèrent constamment depuis. En cette période de fondation de la MI, notre activité, mis à part les prières individuelles, consistait à distribuer des médailles de l’Immaculée, appelée “Médaille Miraculeuse”. A une occasion, Son Eminence nous donna de l’argent pour en acheter. » P. Maximilien Kolbe
Ce serait presque une profanation que de commenter ce récit si simple, humble et réellement surnaturel. Apprenons de ces lignes précieuses toutes les vertus et la générosité du premier Chevalier de l’Immaculée, en particulier :
1/ La compréhension et l’appréciation surnaturelle de toutes les tentatives et les douleurs, en union avec Notre Seigneur et Notre Mère des Douleurs
2/ La conviction absolue que l’efficacité de l’armée de Notre Mère dépend entièrement de la soumission parfaite à la volonté de l’Immaculée, exprimée clairement par l’obéissance surnaturelle envers ses supérieurs.
3/ L’humilité du fondateur qui se mit à la dernière place, convaincu de sa totale insignifiance
4/ L’intelligence, que Notre Dame et seulement Notre Dame peut sauver l’idéal de sainteté dans l’Eglise et nous préserver de la tiédeur et de l’indifférence ; Elle est également notre seul et dernier espoir quand nous faisons face aux pires ennemis de l’Eglise et de Notre Seigneur, les francs-maçons et leur immense pouvoir mondial ;
5/ L’expérience, que tout ce qui est grand et plaisant aux yeux de Notre Seigneur doit naître et grandir dans les épreuves, les contradictions et les défaites apparentes ;
6/ L’importance des “amis du ciel”, l’Eglise triomphante : plus nous leur demandons d’aide et attribuons nos succès à leurs intercessions, plus nous recevrons de bienfaits
Souvenez-vous également, qu’à cette occasion de la fondation de la MI, chaque Chevalier doit obtenir une indulgence plénière, un autre signe des bénédictions du Ciel.
Commençons ce deuxième siècle de la Militia Immaculatae avec un désir ferme de suivre les pas de notre Saint Fondateur, afin d’aimer l’Immaculée en cherchant efficacement à toujours et partout se rendre agréable à Elle ainsi que de réaliser Sa Volonté.
Avec ma bénédiction,
Manille, 16 octobre 2017
Abbé Karl Stehlin

Lettre n° 07 du Père Directeur de la M.I. – Les 100 ans de Fatima et de la M.I. ! – 20 juillet 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée !
Il s’agit d’une vieille tradition qui remonte même à l’Ancien Testament, mais à laquelle les Apôtres ont donné une dimension toute particulière au cénacle : nous préparer dignement à d’importants jours de grâce. L’anniversaire que nous allons célébrer ensemble en août à Fatima (et pour certains, en communion spirituelle) peut être décrit sans exagération comme unique et grandiose : les 100 ans de Fatima et de la M.I. !
Le 19 août 1917, Notre-Dame a gratifié les trois petits bergers (et nous aussi, par la même occasion) de la plus personnelle des six apparitions. Elle leur fit la surprise à un endroit appellé Valinhos, à l’écart du lieu habituel des apparitions, à un endroit symbolique aujourd’hui pour sa tranquillité et propice à la réflexion, à l’opposé de l’agitation du sanctuaire. Elle y déclara aux enfants, le visage triste :
« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs ; car de nombreuses âmes vont en enfer, car il n’y a personne pour se sacrifier et prier pour elles.»
Est-ce une coïncidence qu’exactement 100 ans plus tard nous soyons autorisés à nous rassembler en ce lieu (1) ?
Permettez-moi, afin de donner la note de ce pèlerinage, de citer quelques pensées de mon livre sur Fatima, Volume I :
« Priez, priez beaucoup ! » Cette répétition du même mot est unique à Fatima. Nous pouvons distinguer trois aspects dans ce cri d’amour :
Premièrement : Notre-Dame, avec Ses yeux tristes, capables de capter mon regard et de pénétrer dans mon âme, murmure à mon coeur : « Mon enfant chéri, prie, s’il te plait. Sans prière tu ne sauveras pas ton âme, sans prière tu ne peux être uni à Dieu, ni recevoir Ses grâces ! »
Deuxièmement : Notre-Dame redouble Sa demande : «Prie, prie ! Tu ne pries pas assez mon enfant ! S’il te plait, redouble ta prière non seulement en quantité mais en qualité. Apprends à bien prier, de tout ton coeur ! Quand tu pries, fais l’effort de rester entièrement dans ta prière. Et fais-le pour la gloire de mon Fils, pour mon Honneur, et pour le salut des âmes. Un Rosaire dit dans un grand effort et désir de me plaire est préférable à 100 Rosaires récités sur un mode négligé et superficiel. »
Troisièmement : Notre-Dame insiste : « Priez, priez beaucoup plus ! Vous savez que mon Fils vous demande de prier toujours et sans cesse. La grâce de Dieu ne peut rester en vous et les dons de l’Esprit Saint ne peuvent vous inspirer que si vous demeurez en permanence unis à Dieu. Je sais que cette union constante avec Dieu est une grâce spéciale accordée seulement après de longues années d’efforts ininterrompus. Toutefois le seul moyen d’atteindre ce but : « priez toujours et sans cesse », est de multiplier vos prières, de les dire souvent et intensément.
Le meilleur moyen de se conformer à cet appel de Notre-Dame et à l’esprit de Valinhos est de s’efforcer, lors de ces dernières semaines avant le pèlerinage, de s’astreindre au silence et à l’esprit de prière. Que cela signifie-t-il concrètement ? Que nous nous retirions constamment et délibérément du bruit de ce monde, que nous trouvions « notre Valinhos » dans notre vie quotidienne et passions du temps en silence avec Dieu et Notre-Dame. Ce temps de silence devant Dieu deviendra la fondation et la source du reste de notre vie de prière durant la journée.
Une technique éprouvée de la pratique incessante de la prière, même durant les diverses occupations de la journée, est la répétition constante de certaines oraisons jaculatoires, telle que : « Jésus, Marie, je Vous aime, sauvez les âmes ». Cette prière contient, en plus de l’amour pour Jésus et Marie, l’amour des âmes et ainsi elle nous aide à respecter le double commandement de l’amour et du progrès intérieur. De plus, elle correspond parfaitement à l’esprit de Fatima :
1. “consoler Dieu” – En priant sincèrement « Jésus, Marie, Je Vous aime », nous consolons « Dieu, qui est si triste ». Nous pouvons ainsi nous unir avec saint Francisco, qui vit en cela le but de son existence entière. C’est précisément à Valinhos que Notre-Dame nous montre qu’elle est triste et ainsi nous rappelle combien elle et Dieu désirent que nous les consolions pour l’océan de péchés que nous voyons à l’heure actuelle.
2. “les pauvres pécheurs” – Il s’agit de la deuxième demande de Fatima, à laquelle Jacinta se consacra particulièrement. Le besoin des pécheurs, révélé à elle en particulier durant la vision de l’enfer, la troubla à un point tel qu’elle ne pensa qu’à eux pour le reste de sa vie et se sacrifia pour eux. Nous rencontrons tellement d’âmes chaque jour : voilà une bonne occasion d’envoyer une prière pour eux afin de « sauver les âmes ». C’est ainsi que cette oraison jaculatoire nous rappelle dans nos vies quotidiennes le besoin des âmes et notre mission de prier pour elles.
Si nous essayons durant les prochaines semaines de vivre d’autant plus fidèlement dans cet état d’esprit, nous pouvons avec certitude donner à Notre-Dame beaucoup de satisfaction et nous serons bien préparés à la rencontrer à Fatima.
Je voudrais également vous inviter à prier ensemble une « neuvaine » du 13 au 19 août : une prière profonde, composée particulièrement pour cet anniversaire par un monastère irlandais dévouée à la tradition (voir ci-dessous).
Abbé Karl Stehlin (2), prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Prière préparatoire au pèlerinage anniversaire de 2017
« Ô Vierge Marie Immaculée, Reine du Très Saint-Rosaire, Femme revêtue du soleil, Vous qui avez visité Fatima il y a cent ans pour faire connaître à tous les hommes Votre Cœur maternel et Immaculé, recevez notre acte d’entière consécration à Vous.
Accueillez-nous dans le refuge sûr de Votre Cœur Immaculé comme dans l’arche du salut préparé par le Saint-Esprit pour nous et pour tous les enfants de l’Eglise Catholique en orient et en occident.
Permettez à chacun d’entre nous de trouver cette année dans Votre Cœur Immaculé un sanctuaire de prière sans interruption, un tabernacle d’intimité avec la Très Sainte Trinité, un hôpital pour la rémission de toute infirmité, un havre de paix dans la confusion qui menace jusqu’aux âmes les plus braves et les plus fidèles.
Inspirez nous à prendre le rosaire que Vous aimez tant et d’en faire durant cette année la prière ininterrompue de nos cœurs et l’expression de notre désir de vivre et de mourir consacrés à Votre Cœur Immaculé.
Tournez nos cœurs vers l’Agneau qui, une fois immolé sur l’autel de la Croix, S’offre toujours pour nous sur les autels de l’Eglise et sur les tabernacles où Il demeure caché, en silence et si souvent abandonné.
Que cette année soit pour nous une manifestation grande et puissante de Votre compassion pour les pauvres pécheurs et le début du triomphe de Votre Cœur Immaculé dans l’Eglise, du lever du soleil à son coucher, et ainsi pour le monde entier. En surmontant toutes les résistances, qu’elles viennent des démons ou des hommes, révélez à toutes les âmes les flammes de l’amour qui brûle dans Votre Cœur maternel et la gloire du Père qui rayonne sur le visage de Son Christ, Jésus, le fruit béni de Vos entrailles.
Ô clémente ! Ô pieuse ! Ô douce Vierge Marie! »
(Rédigée par un monastère irlandais dévoué à la tradition)
Source : La Porte Latine du 20 juillet 2017
Notes
(1) Invitation à la célébration anniversaire avec Mgr Fellay, à Fatima : » Je voudrais très sincèrement inviter tous les chevaliers à la célébration anniversaire de la M.I., à Fatima ! Cette commémoration des 100 ans de la M.I. aura lieu le 20 août, à la suite du programme officiel du pèlerinage de la FSSPX (plus ou moins 16 H 30). Tous les détails se trouvent sur le site de la M.I. Venez s’il-vous-plaît en grand nombre à cette célébration unique pour commémorer ce grand anniversaire et, avec les chevaliers du monde entier, remercier l’Immaculata pour toutes les grâces reçues ! Ceux qui ne peuvent y assister sont invités à s’unir avec nous en esprit et à renouveler au même moment que nous la Consécration à l’Immaculata. «
(2) M. l’abbé Karl Stehlin est Supérieur du District d’Asie

Lettre n° 03 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 17 octobre 2016

Récitez le chapelet tous les jours!

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde »

En ce jour anniversaire de la fondation de la MILITIA IMMACULATAE, le 17 octobre 1917, par Saint Maximilien Kolbe, permettez-moi de Vous adresser cette troisième lettre afin de Vous encourager de continuer ce mois du saint rosaire avec le désir immense et la ferme résolution d’obéir au Cœur Immaculé quand Elle exige de nous de prier le chapelet chaque jour.

Nous vivons aujourd’hui, plus qu’auparavant, dans de terribles temps apocalyptiques ; aussi devrions-nous  être profondément impressionnés par les paroles de sœur Lucie : « Et maintenant Dieu nous donne les deux derniers outils du salut : la dévotion au saint rosaire et au Cœur immaculée de Marie ». Avec ces outils seulement nous sauverons nos âmes et les âmes de bien d’autres. Nous, chevaliers, devons être en première ligne, prenant part à la campagne de la croisade du rosaire instituée par notre supérieur général pour faire connaître et aimer Ses requêtes solennelles finalement exaucées pour le bien de notre Sainte Mère l’Eglise et le salut de nombre d’âmes.

Mais soyez attentifs : il ne suffit pas de simplement réciter le chapelet. Nous devons avoir une véritable dévotion envers lui, en saisissant le trésor caché de cette prière mystérieuse. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort lui-même médite profondément ce trésor caché dans son livre sur l’ »Admirable secret du rosaire » et le pape Léon XIII dans ses encycliques sur le rosaire, l’explique en ces termes : son « corps » extérieur, son « aspect matériel », est la prière vocale, mais l’aspect intérieur, « l’âme » est la méditation sur les mystères de la vie de Notre-Seigneur à travers Notre-Dame.

Dans cette lettre, laissez-moi tout d’abord donner une réponse à la question : pourquoi le rosaire est-il si important à notre époque ?

Le rosaire est vital pour nous en tant que chemin parfait pour pénétrer les mystères de Jésus a travers Marie. Le ROSAIRE EST UN RACCOURCI pour entrer dans le mystère de NOTRE-SEIGNEUR. En particulier pour les hommes et femmes d’affaires de notre temps, le rosaire est LE moyen le plus simple de méditer notre foi : peut-être pas tous ses mystères, mais certainement les plus essentiels mystères de notre foi, les plus nécessaires à notre salut.

Les mystères joyeux – la venue du CHRIST dans ce monde – nous rendent manifeste le fait que le centre de la création n’est pas l’homme (contrairement au culte moderne de l’homme), n’est pas le paradis sur terre, n’est pas la courte vie de chacun, mais LE CHRIST NOTRE SEIGNEUR, présent parmi nous.

Les mystères joyeux fixent notre regard sur Lui et nous aident à vaincre la tentation de mettre les mensonges et illusions du monde comme centre de nos vies.

Les mystères douloureux nous montrent la MANIÈRE selon laquelle nous devons vivre sur la terre : « Portez votre croix chaque jour » ! C’est là la grande loi d’amour qui consiste à s’oublier soi-même et à s’offrir à la gloire de Dieu et pour le salut des âmes, en nous identifiant nous-mêmes aux souffrances de Notre-Seigneur.

Et les mystères glorieux nous montrent le BUT de nos vies : non les succès terrestres, mais la gloire éternelle méritée par la Résurrection de Notre-Seigneur. Au sein de ces trois séries de mystères nous avons l’essentiel de notre vie spirituelle : la fondation (Emmanuel – Dieu est avec nous), la voie (Via Crucis) et le but (gloire éternelle). De cette manière le rosaire nous illumine et nous libère des dangers de cette vie où nous arpentons des chemins trompeurs qui mènent à la perdition.

En second lieu, laissez-moi vous présenter de plus profonds aspects du très saint rosaire, parce que cette prière amène à nous, à travers Marie, Dieu Lui-Même et nous ramène à Dieu par Marie ! Cela signifie que la dévotion au Saint Rosaire est le chemin le plus court et le plus sûr vers la sainteté !

1/ Marie nous emmène dans les profondeurs du Mystère de Dieu Lui-même ! Dans le rosaire, Elle nous révèle l’admirable mystère des mystères, la très sainte Trinité.

Dieu Lui-même se rapproche de nous à travers le rosaire. Le cœur aimant de notre Mère nous donne, à nous ses enfants, un cadeau merveilleux : Dieu lui-même !

Par les mystères joyeux, nous découvrons Dieu le Père comme étant la source et la fontaine de tout bien, en particulier du plus grand de tous, notre propre salut. Il envoie Son Fils sur terre ! Dieu le Fils est la révélation de Dieu au monde, le soleil spirituel qui disperse les ténèbres par Sa Nativité et qui, dans son enfance, édifie les docteurs de la Loi au temple. Dieu le Saint-Esprit accomplit le mystère de l’Incarnation et à travers Ses inspirations apporte la grâce de Dieu dans ce monde. Il est présent durant la visitation de Notre-Dame et lors de la sanctification de Jean-Baptiste dans le ventre de sa mère Élisabeth, ainsi que lors de la présentation de Jésus au temple où il éclaire et sanctifie Siméon et la prophétesse Anne.

Par les mystères douloureux, nous méditons certains actes particuliers de la miséricorde infinie de Notre Seigneur. Ici Notre Mère ouvre nos yeux sur les profondeurs du Cœur de Jésus lors de son agonie à Gethsémani.  Que se passa-t-il là-bas ? Nous entendons les battements de Son Cœur, Lui le Très Saint, le plus beau, le plus parfait et simultanément le plus accablé par l’infinie masse d’horreur et d’agonie du péché, de la corruption morale de l’homme et ses repoussantes insultes. Nous voyons là un immense acte de miséricorde par la façon dont Il accepte toutes ces horreurs, afin qu’Il paie le terrible prix du mal et le détruise par le sacrifice de Sa propre vie. Et nous voyons de la même manière la miséricorde du Père qui envoie l’ange de l’agonie pour renforcer Son Fils dans le jardin, afin que le Christ puisse suivre le chemin de l’amour miséricordieux jusqu’à son terme. La flagellation et le couronnement d’épines sont la miséricorde de Dieu en action: ici et maintenant sont détruites les ténèbres à travers le paiement du Très Précieux Sang, Son corps lacéré et Sa tête percée d’épines. La miséricorde de Dieu n’est pas une plaisanterie ; elle n’a rien d’une sensiblerie.

Le Fils de Dieu attire à lui la plus grande de toutes les oppressions possibles afin de libérer les pécheurs de l’esclavage du péché. La miséricorde de Dieu nous apporta notre rédemption, mais à quel prix ! Et ne pouvons-nous pas comprendre le portement de la Croix et la mort du Christ comme une participation spéciale du Saint-Esprit dans cette œuvre de la miséricorde de Dieu ? La force du Christ qui se relève après trois chutes atroces; l’aide et la consolation qu’Il accepta de Symon de Cyrène et de Véronique; la présence de la Mère de Miséricorde Elle-même sur le chemin de croix – derrière tout cela le Saint Esprit se révèle discrètement, menant la tache de la rédemption à sa dernière fin et ultime totalité. Et le drame culmine sur le mont Calvaire. Chaque divine personne est présente : le Père, qui sacrifie jusqu’à la fin ce qu’Il possède – Son Fils ! Le Fils, qui aime « jusqu’à la fin » à travers toutes des souffrances inimaginables ! Le Saint-Esprit, qui réside dans le Cœur Immaculée de Marie, présente au pied de la croix, la flamme de l’amour éternel de Dieu en Son cœur brûlant et brillant dans Sa compassion et sa tristesse infinie !

Dans les mystères glorieux, L’AMOUR INFINI apparaît dans le triomphe et l’éternelle efficacité de l’entière œuvre du salut. Nous assistons à la révélation finale et éternelle de la gloire de Dieu, Sa sainteté, et majesté, d’abord par le triomphe de l’amour de Dieu dans le miracle de la résurrection. L’Ascension est le retour triomphant du Christ au paradis accompagné des membres de Son Corps Mystique. Et le mystère central est l’envoi du Saint Esprit – LE FEU DE L’AMOUR DE DIEU ! Au paradis tous les désirs seront réalisés dans la paix et la joie éternelle. Et les deux derniers mystères glorieux nous montrent la joie dans sa plus parfaite réalisation, quand à travers l’Immaculée toute la création commence à retourner vers Dieu. Le couronnement de Marie est à la fois la révélation définitive de tout l’amour de Dieu, qui L’emplit de Lui plus que tous les saints et anges du paradis, et l’ultime victoire et achèvement de l’ordre créé quand « Dieu sera tout en tout ! »

2/ Marie nous emmène vers la réalisation la plus profonde et l’objectif de la création : Elle nous fait comprendre qui nous sommes réellement et ce que nous devrions être aux yeux de Dieu.

Saint Thomas nous enseigne qu’Elle est la représentante de tout l’humanité et qu’en Elle uniquement nous pouvons atteindre notre propre réalisation, qui est l’union avec Jésus Christ qui nous est donné par Elle, Elle qui nous purifie, transforme, sanctifie, et qui au final nous glorifie.

Au travers les mystères joyeux Elle apparaît comme l’origine, la source, la fontaine, le début solennel de notre véritable vie d’ »enfants de Dieu”; en Elle nous voyons la réalité de toutes les créatures: que la source de nos vies n’est pas le monde ou la créature mais est Dieu, de qui tout le monde dépend totalement. Chaque mystère montre un « début », la révélation de la source et fontaine de l’existence, et la relation d’une créature avec son créateur.

Depuis que fut commis le péché originel, le monde entier gémissait dans l’attente d’un Sauveur (cf. Rom. 8:20-22), dans son désir d’être délivré de l’esclavage du péché et du diable pour être porté à la « liberté des fils de Dieu ».  Cette délivrance démarre à l’Annonciation, lorsque Marie répond à l’ange et reçoit le Fils de Dieu incarné dans ce monde. A ce moment, la création – enfermée dans l’esclavage du diable et perdue dans les ténèbres – reçoit une lumière écrasante et regagne la liberté par cette nouvelle création, reconstruite sur de fondations nouvelles, de nouveaux principes, et une nouvelle loi. Parce que Dieu est maintenant avec nous (Emmanuel), nous trouvons un nouveau centre de gravitation, une nouvelle forme de vie, « un nouveau cœur ». Dans la mesure où nous orientons tout vers ce centre, qui est DIEU EN NOUS, tout devient intelligible, harmonieux, beau, pure et saint.

La visitation nous montre un autre « commencement », l’inauguration du travail de la grâce de Dieu à travers la sanctification de Saint Jean. Le plus grand présent lui fut apporté par Marie. Sa visitation fut le début de sa propre sainteté. Et en cela nous pouvons avoir confiance que Dieu ne change pas : ce qu’il fait une fois, il continuera à le faire. Si le premier miracle de grâce fut accompli à travers Marie, alors Il continuera à sanctifier les hommes par Marie. A travers Marie, Notre-Seigneur Jésus-Christ rend visite à chaque âme et y déverse la grâce sanctifiante. C’est le début de notre retour à Dieu, le début d’un nouveau monde, à travers Marie.

La Nativité nous montre que ce monde rénové n’existe pas seulement dans les profondeurs du cœur ou dans une invisible intimité. Nous devons voir, entendre, faire l’expérience. Cette nouvelle fondation doit être visible ; si elle ne l’est pas, personne ne peut construire dessus. Comment l’Éternelle Sagesse nous devient-elle visible ? Sous la forme d’un petit enfant. Jusqu’à la fin du monde Marie continue d’apparaître à l’humanité avec Son Enfant dans Ses bras, comme en témoignent d’innombrables images et icônes. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela nous donne la condition que nous devons respecter, qui doit nous servir à construire notre vie sur l’unique vrai fondement, sur le fondement de la grâce de Dieu : nous devons devenir de petits enfants, SES enfants.

La Présentation au temple est également un « commencement », nous enseignant un acte humain sublime et essentiel qui est le début de tout ce qui est vrai, bon et sage : l’offrande, le sacrifice ! A nouveau, Marie fut la première à présenter cette offrande, et Son sacrifice fut le plus grand : Elle donna à Dieu tout ce qu’Elle avait. Elle offrit l’âme de Son âme, le cœur de Son cœur : Son propre Fils. Cela ne faisait que 40 jours qu’Elle L’avait reçu de Dieu et déjà Elle Le rendait au Père, en Le présentant au temple. Ceci est l’occasion de méditer un grand principe qui doit dominer nos vies spirituelles : si vous voulez recevoir, vous devez donner ! Si vous voulez recevoir plus, vous devez donner plus. Seul celui qui donne tout, reçoit tout !

Pour finir, en méditant sur le mystère du recouvrement de Jésus au temple, le Cœur immaculée de Marie nous enseigne une autre condition essentielle à respecter si nous souhaitons vivre une nouvelle vie spirituelle en Elle. Par nos propres forces nous ne pourrons jamais faire de sacrifices et apporter l’harmonie de manière valable dans nos vies. Seule la constante recherche de Notre-Seigneur, Son visage, Sa volonté et Sa doctrine nous permet de quitter notre monde étroit et fermé. Qui cherche, trouve !

Dans les mystères douloureux, Marie nous apparaît comme « le chemin qui nous mène au paradis ». Elle nous montre ici à quoi notre recherche quotidienne de Dieu doit ressembler.

Les premières expériences rencontrées sur notre chemin vers Dieu sont très humiliantes, mais la méditation sur l’agonie de Jésus nous montre que nous ne sommes pas même capables de faire un seul pas par nous-mêmes. Tout comme les apôtres qui dorment, comme Judas qui trahit, nous fuyons, nous évitons, nous L’abandonnons. Alors nous nous tournons, plein de tristesse, vers Elle, qui peut nous ramener à Ses pieds, juste pour pouvoir entendre le cri du Sauveur agonisant : « Donne-moi le calice rempli de tes péchés ! Je les prends tous ! Je paie le prix pour tous ! » Nous ne pouvons pas recevoir Son infini miséricorde si nous ne Lui confessons pas toute notre honte et notre souillure, si nous ne Lui permettons pas d’être miséricordieux envers nous. Alors la flagellation et le couronnement d’épines réveillent en nous une douleur et un cri aigus : « C’est moi qui Vous ai provoqué par mes impuretés et mon orgueil. J’ai pris moi-même part à Votre torture ! Et maintenant, même si par la grâce de Dieu je suis rempli de contrition, je demeure pourtant la plus faible créature au monde. Je dois voir comment mes péchés et ceux de mes congénères ont causé de la souffrance à votre saint corps et à votre chef sacré. » Cette impuissance est une torture pour quiconque aime, quiconque veut faire quelque chose pour le bien-aimé ! Maintenant une nouvelle expérience implante en nous des conditions essentielles pour un retour à Dieu solide et constant : le remords et l’humilité. Et seulement sur le chemin de la croix pouvons-nous commencer à faire quoique ce soit pour notre Seigneur bien-aimé : avec Simon le Cyrénéen nous pouvons concrètement L’aider à porter la croix ; avec Véronique nous pouvons essuyer son visage avec le voile de compassion. L’entièreté du chemin de notre retour vers Dieu peut se passer à se préoccuper de telles choses : des choses insignifiantes par elles-mêmes peut-être mais toujours faites avec le plus grand amour ! Mais seulement au cinquième mystère douloureux nous recevons la Nouvelle Loi qui doit nous pénétrer, sans laquelle nous ne pouvons persévérer : assister à la passion du Christ avec Sa Mère, méditer les blessures du Sauveur partout et toujours à travers Ses yeux, et L’aimer avec Son cœur douloureux. Ainsi un acte essentiel de notre long retour à Dieu, le voyage de notre vie, est la participation au Saint Sacrifice de la messe. Nous tenir avec Elle au pied de la Croix, nous entendons Notre-Seigneur nous donner Sa Mère, devenant ainsi notre mère, rendant nos cœurs similaires à Son Cœur, remplis d’amour pour Dieu et pour le salut des âmes.

A travers les mystères glorieux, Notre-Dame nous montre l’unique but de nos vies, la destination de notre retour à Dieu. Elle nous rappelle « pourquoi et pour qui tout est », parce qu’Elle sait que nous pouvons facilement oublier la plus essentielle et « l’unique chose nécessaire ». Par-dessus tout, Elle nous donne le courage de ne pas désespérer quand les obstacles et l’adversité semblent bloquer notre chemin vers le ciel.

La méditation de la Résurrection remplit nos âmes d’un grand étonnement, d’une joie si profonde : une telle victoire, un tel triomphe du Christ sur tous ! Qui peut refuser l’Amour de Dieu ! C’est pour nous que le Christ se leva d’entre les morts, pour nous montrer notre propre future résurrection. Nous ressusciterons aussi, si nous persévérons fidèlement jusqu’au sommet de la vie spirituelle, dans la pratique du plus haut des commandements. L’humanité régénérée et éternellement bienheureuse de Notre-Seigneur est le modèle et la forme de notre future vie glorieuse au paradis. L’amour pour l’amour ! Si nous L’aimons jusqu’à la fin, si nous sommes crucifiés et enterrés avec Lui, alors nous ressusciterons également d’entre les morts avec Lui.

A travers la méditation sur l’Ascension, Notre-Dame nous montre la triomphante marche de la victoire du Roi des Rois, son retour glorieux au Père. Ceci est une vision que nous appelons l’extase de l’amour : être absorbé en Lui, concentré en Lui, quand Il est entré dans le royaume céleste. Marie nous remplit de Sa propre fascination à la vue du Christ, Roi de l’Amour « vêtu d’une longue robe, et ayant une ceinture d’or sur la poitrine. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à de l’airain ardent, comme s’il eût été embrasé dans une fournaise ; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux. Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants ; et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force » (Apocalypse 1 :13-16). La glorieuse figure du Seigneur ressuscité devrait nous toucher tout comme elle a touché Paul lorsque la vue du Christ devant les portes de Damas le jeta au sol et fit de lui un prisonnier à jamais, un serviteur, un ami et un apôtre du Christ. A partir de ce jour, une seule chose était profitable à Paul : « Ma vie, c’est le Christ ! » C’est aussi le plus grand désir de Marie, que nous soyons ravis comme l’apôtre des gentils, et comme Elle, dans l’immense amour de Son Fils.

La descente du Saint-Esprit nous emmène au cénacle, où le Saint-Esprit « allume le feu de Son Amour » en nous, tout comme lors de la Pentecôte Il a suscité la flamme de Son amour sur Notre Céleste Mère, les apôtres et les disciples. Nous La voyons au centre, entourée par les apôtres, une réunion fascinante ! Il est impossible d’imaginer comment Marie pouvait être lorsque le feu du Saint-Esprit pénétra en Elle. Bien après, Elle apparaîtra aux âmes privilégiées et les voyants tenteront d’expliquer Sa beauté céleste et Sa majesté.

A Fatima : « Elle était plus brillante que le soleil, et irradiait une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’eau pétillante traversée par les rayons ardents du soleil ».

A La Salette : « Soudainement je vis une magnifique lumière, plus claire que le soleil… Je regardai attentivement vers cette luminosité ère. D’abord, elle était immo

Dormition de la Vierge, Caravage

bile, mais bientôt après je vis une autre lumière, encore plus brillante et mouvante, et à l’intérieur de cette lumière, notre très belle Dame ».

 

A Lourdes, à Sainte Bernadette : « Son apparence était différente car il émanait de sa silhouette une lumière incroyable, et elle était belle, si miraculeusement et complètement différemment belle que Bernadette, même si elle avait été une peintre parfaite, n’eut  pas été capable de réaliser Son portrait même avec les outils les plus parfaits… Bernadette vit une mince silhouette de taille moyenne. Elle avait l’air très jeune, peut-être une femme d’une vingtaine d’années. Mais cette beauté et cette jeunesse avaient en elles quelque chose d’extraordinaire. Cela semblait être une jeunesse qui ne s’était jamais et qui ne pourrait jamais s’enfuir – une jeunesse éternelle. Et pourtant il y avait quelque chose d’autre dans cette jeunesse, impossible à décrire avec des mots. C’était comme si avaient été jointes la grâce presque enfantine de la plus pure des vierges avec la grave et infinie compréhension, l’infinie bonté d’une mère et la monarchique majesté d’une reine ». Ne pouvons-nous pas voir dans ces descriptions le pouvoir du Saint-Esprit, qui en louant Sa beauté et en La remplissant de lumière veut nous élever nous aussi aux hauteurs de Son amour ?

Ainsi fut-Elle la première à atteindre le sommet infini du mystère de Dieu. Le voyage vers le ciel que fut sa vie fut comme une immense flamme d’amour : elle mourut littéralement d’amour. Cela devînt visible durant son Assomption, quand, elle fut le premier membre de l’humanité à atteindre le but, vers lequel elle mène tous Ses enfants. La mort (dormitio ou repos) de Marie est considérée comme la plénitude de Son amour, comme une mort d’amour. Son amour était si immense que rien ne pouvait plus La retenir sur cette terre. Et ce dernier mystère glorieux n’est qu’un chant d’admiration pour Son triomphe éternel. Mais ce serait une erreur de penser que parce qu’Elle est au paradis et ainsi loin de nous, parce que nous demeurons ici sur la terre. Bien qu’Elle soit au paradis, Elle n’est absolument pas loin, parce qu’ici et maintenant Elle prend soin de Ses enfants. La Reine des Cieux et de toutes les créatures devraient attirer nos yeux et nos cœurs. En Elle, tous Ses enfants sont appelés à recevoir la couronne de gloire. La méditation du mystère du Rosaire devrait nous mener vers une telle attitude, que spirituellement nous préférerions demeurer là, dans le mystère de Dieu, qu’ici sur terre. Voilà notre vraie réalité ; ici-bas la vie n’est qu’une ombre. Là-bas est notre cœur ; ici notre exil.

En Elle nous pouvons nous exclamer avec saint François : « Mon Dieu et mon Tout ! »

Shanghai, le 17 octobre 2016

Abbé Karl Stehlin

Lettre n° 02 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 26 juillet 2016

La mort héroïque de saint Maximilien Kolbe

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

Le 14 août 1941, veille de l’Assomption, saint Maximilien fut tué par une injection d’acide phénique au camp d’Auschwitz. Il y était emprisonné depuis le 17 février, enfermé là par les esclaves d’Hitler en raison du courage qu’il mettait à respecter les principes de la foi catholique contre les envahisseurs nationaux-socialistes. Il avait été transféré à Auschwitz en mai, où il souffrait plus que les autres prisonniers parce qu’il était prêtre. Un jour, vers la fin du mois de juillet, l’un des prisonniers s’échappa. Comme punition, le commandant ordonna que dix autres prisonniers soient condamnés à une mort atroce – mourir de faim et de soif dans le sombre « donjon de la faim ».

Camp d’Auschwitz

Lorsque l’un d’entre eux commença à pleurer de désespoir : « Oh ma pauvre femme ! Mes pauvres enfants ! Qui prendra soin de vous ? », le père Kolbe s’avança vers le commandant et dit fermement : « Je demande à mourir à la place de ce père de famille ».

Le commandant resta stupéfait pendant un moment. Une requête de ce genre était impensable.

« Et pour quelle raison ? », demanda-t-il à Kolbe. « Parce que je suis vieux et faible et qu’il a une femme et des enfants ».

« Qui es-tu ? », demanda le commandant.

« Je suis un prêtre catholique. », fut la réponse.

Sa requête fut acceptée. Pendant les 10 jours passés dans le donjon il prépara tous les autres condamnés à mourir en paix avec Dieu et à entrer au paradis. Lorsqu’après tant de jours il fut le dernier à être conscient, l’ordre fut donné de le tuer.

Désirant commémorer le 75ième anniversaire de sa mort héroïque, je veux vous écrire cette seconde lettre.

Le Père Maximilien s’est préparé à cette mort toute sa vie, poussé en cela par un événement extraordinaire qui a eu lieu pendant son enfance et que nous connaissons grâce à sa mère. Inquiet de son propre caractère difficile qu’il avait du mal à dominer, le garçon de 10 ans commença à prier avec ferveur Notre-Dame pour Lui demander Son aide. Un jour, la Mère céleste lui apparut avec deux couronnes dans les mains, une rouge et une blanche : la blanche, expliqua-t-Elle, est la couronne de pureté, la rouge, du martyre. Lui demandant laquelle choisira-t-il, il répondit qu’il prendra les deux ! Bien qu’il ne parla jamais de ce miracle à personne durant sa vie, il est aisé de comprendre que cette vision orienta toute sa vie, inspira toutes ses décisions, le guida dans toutes ses entreprises et le prépara finalement à l’acte qui couronna sa vie d’amour : sa mort héroïque ! C’est de cette vision que furent formés ses principes, règles de vie et conduite personnelle. Cette vision fut la première et principale invitation de la Reine du Ciel à devenir Son chevalier. Quand il répondit généreusement et fut le premier à être enrôlé, par Elle-même, en tant que Chevalier de l’Immaculée, Elle lui promit les deux couronnes.

Maintenant, à travers Ses instruments, ELLE vous a invité à devenir Son Chevalier. Et quand vous avez répondu généreusement et avez pris votre engagement au sérieux, avez-vous pensé qu’ELLE vous promettrait moins ? En vérité, cette vision se rapporte à chacun de nous ! Chaque chevalier devrait méditer profondément sur le « message » de cette vision afin de recevoir la même récompense : l’éternel couronne au paradis !

Examinons brièvement le message de la Reine à Son chevalier privilégié et à travers lui, à nous tous :

1. LA COURONNE : Alors que de nos jours presque tout le monde conçoit sa vie sur terre comme la chose la plus importante et souvent la seule digne d’importance, le message de la double couronne nous incline fortement vers l’éternité, et précisément vers la gloire éternelle et la victoire au paradis. Quiconque marche dans les traces de saint Maximilien se libérera de la pire de toutes les illusions, le maçonnique ou communiste « paradis sur terre ». Chacun se tourne vers l’horizontal, est constamment occupé par sa ridicule petite personnalité, se détourne du vertical, se concentre sur la terre au lieu du ciel, sur le temps au lieu de l’éternité, sur l’exil au lieu de l’éternel patrie. Notre-Dame, à travers cette promesse, fait comprendre à Maximilien Kolbe et à tous Ses chevaliers le sens de notre courte vie dans cette vallée de larmes : il n’y aura d’attente à avoir dans ce monde autre que préparation, pèlerinage, longs et laborieux efforts. Mais nos yeux, cœurs et âmes sont dirigés plus haut, en accord avec la promesse de Notre Seigneur : « Demeurez fidèles jusqu’à la fin, et vous gagnerez la couronne de vie ! » La promesse des deux couronnes correspond exactement aux magnifiques mots de Notre-Dame à Sainte Bernadette de Lourdes : « Je promets de vous rendre heureux, mais dans l’autre monde, pas dans celui-ci ! »

2. Quelle est précisément cette récompense ? C’est une double couronne, un double triomphe : blanc et rouge ! La couronne pour conserver l’héroïque pureté et pour donner son sang pour la gloire de Dieu et la salvation des âmes. Mais n’oubliez jamais qu’une couronne appartient par essence toujours au roi et à la reine. La couronne de gloire éternelle vous ne pouvez uniquement la trouver que sur la tête du Roi des Rois et/ou sur celle de Notre-Dame, reine du ciel et de la terre. Si Notre-Dame offre à notre saint une telle couronne et même une double couronne, cela veut précisément dire qu’il est invité à participer à la gloire et au triomphe de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, et plus précisément : au Sacré-Cœur et au Cœur Immaculée de Marie ! Cela signifie encore : ma récompense éternelle et ma joie sont les trésors contenus dans le Sacré-Cœur et dans le Cœur Immaculée de Marie. Ces cœurs unis sont l’objet de mes désirs, mes méditations, ma gloire, ma joie et mon réconfort : mon unique et mon tout ! En réalité, toute la vie du Père Kolbe était une méditation constante sur sa merveilleuse Mamusia (petite Mère) et Hetmanka (commandant en chef) et à travers elle sur la beauté du Sacré-Cœur ! Ces Cœurs très sacrés devraient aussi être « notre unique et notre tout ».

3. En choisissant la fin, vous devez choisir les moyens. Si je veux obtenir la couronne de gloire, ma vie sur terre sera un effort permanent tel que celui que le père Kolbe nomme « Notre Idéal » : la couronne blanche – L’Immaculée, et à travers Elle, la couronne rouge – le Sacré Cœur (voyez l’acte de consécration). Il résumera toujours toute la vie spirituelle en deux termes : la pureté et le sang, la sainteté à travers la souffrance, la prière et le sacrifice. En d’autres termes la couronne blanche vous sera décernée si partout et toujours vous cherchez uniquement à réaliser la VOLONTE DE L’IMMACULEE, qui n’est rien d’autre que la virginité de l’âme, l’essence de la Pureté. Ceci il l’écrivit très clairement dans sa « Règle de Vie » à la fin de sa retraite en 1920 : « Je dois devenir un saint ! Je dois devenir un grand saint ! » Bien des fois il expliqua l’essence de la transformation en saint : la totale conformité avec la volonté de Dieu. Et il insista sur le fait que seule l’Immaculée a reçu la grâce de nous former, Ses enfants, à devenir saints : « notre degré de sainteté dépend de notre proximité avec l’Immaculée. […] Si vous voulez réellement vous sanctifier, rappelez-vous, la sanctification et la persévérance (dans la recherche de la sainteté) dépend de la dévotion à Notre-Dame »… « Permettez-Lui de vous guider, et vous serez vous-mêmes convaincus, que l’Immaculée est le plus court et le plus sûr chemin vers la sainteté. » La couronne blanche est la constante imitation de l’Immaculée jusqu’à ce que j’abandonne totalement ma propre volonté pour ne réaliser que ce qu’Elle désire ! ». La couronne rouge sera obtenue si vous êtes prêt à aimer Dieu « jusqu’à la fin » : le martyre est par essence « l’amour de Dieu à travers la souffrance », le plus grand amour est « de donner votre vie pour vos frères ». Ainsi, il parle et écrit sur ces thèmes tous les jours : « La vie de l’homme est faite de trois phases : la préparation au travail, le travail et la souffrance. A travers ces trois phases, Dieu nous amène à Lui. Plus une âme est fervemment dévouée à Dieu, plus tôt elle se prépare à cette troisième phase, afin de cimenter son amour pour l’Immaculée avec la souffrance née de l’amour. Car rien ne nous unit à l’Immaculée et ne nous renforce tant dans la charité que cet amour combiné à la souffrance pour l’amour. Précisément sur ce chemin de souffrance nous pouvons trouver si oui ou non nous Lui appartenons vraiment, sans réserve. Dans cette troisième phase de nos vies nous devons montrer le plus grand amour pour Elle, l’amour d’un Chevalier ! L’amour pour Dieu est perfectionné dans la souffrance, comme l’or est purifié dans le feu. Il est important de mentionner ici l’extraordinaire dévotion du saint au Saint-Sacrement et à la sainte messe. La messe quotidienne et l’heure sainte (obligatoires pour tous les frères de Niepokalanów, en dépit de leur emploi du temps surchargé) étaient pour lui les moments les plus importants de la journée. Pourquoi ? Parce que pour gagner la couronne rouge nous devons constamment être unis avec le Précieux Sang de Notre-Seigneur, coulant de Sa tête couronnée de la couronne d’épines et de Son cœur percé… présents dans le calice de la sainte messe. Quel programme pour chaque Chevalier, exactement comme Saint Louis Marie Grignon de Montfort décrivit « les apôtres des temps derniers » : Le crucifix dans la main droite, le Rosaire dans la main gauche ! Le crucifix est le sacrifice de Notre Seigneur sur la croix, présent lors de la sainte messe. Et celui qui vit la sainte messe en imitation constante et généreuse de Notre-Seigneur obtiendra la couronne rouge. Le rosaire est le symbole de la dévotion à Notre-Dame, tel une chaîne qui lie l’enfant à sa mère, le chevalier à sa reine. Celui qui maintient la vraie dévotion à Marie et L’accepte totalement et entièrement comme Mère et Reine, obtiendra la couronne blanche : Il recevra d’ELLE tous les fruits merveilleux de la sagesse et de la pureté.

4. Le quatrième message inclus dans cette vision : pour obtenir les couronnes, vous devez vous battre : et parce que les couronnes sont l’ultime récompense après la victoire finale, le combat durera tant que la vie elle-même et ce sera un combat héroïque ! Ainsi fut la vie de saint Maximilien : dès l’enfance il apprit qu’ELLE est « le commandant en chef » des armées chrétiennes, et où qu’ELLE apparaisse, le diable essaiera de La détruire de toutes ses forces, avec toute sa terrible colère. De l’autre côté, où que Satan règne, ELLE arrive afin « d’écraser sa tête ». L’Eglise sur terre est l’Eglise militante, et personne ne peut entrer dans le Royaume des cieux sans un combat permanent contre les ennemis internes (mauvais penchants, concupiscence) et externes (les armées innombrables du démon) jusqu’à la fin de sa vie. Ainsi, nous ne devrions ni imaginer ni désirer une vie douce et joyeuse sur terre sans les épreuves et batailles ; au contraire, se levant chaque jour, le Chevalier est prêt à une nouvelle journée de combat pour propager et conquérir le monde et les âmes pour « la Cité de Dieu ».

5. Une dernière considération : comment se battre ? A nouveau, voyez le très simple exemple de notre saint : vous devez penser aux couronnes (méditations), vous devez les demander (prières), vous devez prendre les moyens. Si vous voulez recevoir les couronnes, alors vous devez d’abord désirer et collaborer afin que tous puissent reconnaître et se soumettre au Roi des Rois à travers notre Reine du Ciel. Vous devez travailler au triomphe du Sacré-Cœur de Jésus, du Cœur Immaculée de Marie dans tous et chacun des cœurs en particulier : en d’autres mots, être Son dévoué chevalier, instrument à travers laquelle la Médiatrice de toutes les grâces peut envoyer les rayons de grâce dans de nombreuses âmes pour leur conversion et sanctification. Et comment ferez-vous cela ? Quelles sont les armes pour faire connaître et aimer Jésus et Marie ? Encore une fois : prières, sacrifices, volonté de l’Immaculée et tous les autres moyens à la portée de votre zèle et de votre générosité. Les mêmes moyens pour inviter d’autres âmes à obtenir les couronnes et aller au paradis sont les pratiques concrètes pour obtenir votre propre récompense : ce que vous faites pour les autres, vous le faites deux fois pour vous-mêmes !

 

A la fin juillet, saint Maximilien entra dans le donjon avec 9 autres condamnés ; marchant vers la plus terrible des morts, il mena tous ces principes et inspirations de la double couronne jusqu’à leur ultime réalisation : tel qu’il vécut, il mourut !

Puissent son exemple et son intercession nous rendre toujours plus généreux, afin que nous puissions entendre un jour des lèvres de notre Sauveur : « Viens maintenant, bon et dévoué chevalier, reçois les couronnes que je t’ai promises quand tu décidas de devenir le soldat de Ma Mère, le CHEVALIER DE L’IMMACULEE ! »

Jour de la fête de Sainte Anne, le 26 juillet 2016

Avec ma bénédiction,

Votre dévoué,

Abbé Karl Stehlin

P.S. Permettez-moi de joindre une interview avec Michael Micherdzinski, l’un des derniers témoins du sacrifice héroïque de saint Maximilien. Cette interview a été réalisée par le père franciscain Witold Pobiedzinski en 1998 et fut publiée dans les journaux polonais. Incidemment, le père Witold Pobiedzinski a rejoint la Tradition catholique en 2011 et vit depuis au prieuré de la FSSPX à Varsovie, en Pologne.