Lettre n° 04 du Père Directeur de la Milice de l’Immaculée – 6 décembre 2016

L’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde »

Très chers Chevaliers de l’Immaculée !

Dès son enfance, saint Maximilien Kolbe reçut un profond amour et une vénération pour Notre-Dame. Il grandit avec les dévotions polonaises de l’« Auguste Mère de Dieu », « Mère de Miséricorde », « La Très Sainte et Bienheureuse Vierge » et de nombreux autres titres bien connus de chaque catholique de ce pays. L’Immaculée Conception était spécialement célébrée pour souligner la vérité catholique contre les schismatiques russes orthodoxes qui n’acceptaient pas ce privilège comme dogme de foi. Mais l’appellation « l’Immaculata » comme nom propre fut forgée par lui : il voulait rendre populaire le grand mystère de l’Immaculée Conception qui était plus pour lui que le contenu du dogme proclamé en 1854 (à savoir que, par un privilège unique, Notre-Dame avait été conçue, exempte de la tâche du péché originel). Saint Maximilien parlait souvent de la dimension pratique de cette vérité de foi, qui devint la source de toute sa vie spirituelle et de son immense action apostolique. Le plus beau fruit de sa dévotion fut certainement la Militia Immaculatae (M.I.), qui rassemblait autour d’ELLE un nombre toujours plus grand d’âmes également enthousiastes et impressionnées par ELLE, l’Immaculée.

L’idée principale derrière la fondation de la M.I. était de former une armée autour de Notre-Dame, un escadron d’élite plein d’idéal. C’est pourquoi saint Maximilien les appela « chevaliers » et non pas simples soldats. Il avait à l’esprit la grande règle divine : Dieu, dans son action sur terre, utilise toujours des instruments créés, et généralement sans eux il n’agirait pas dans le monde. Son Royaume sur terre est une Eglise sacerdotale et chaque chrétien doit collaborer avec la grâce de Dieu au salut des âmes pour accomplir le plus grand commandement -l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

La M.I. est devenue un moyen important de réveiller les fidèles souvent endormis et de les sensibiliser à leur rôle vital dans l’Église militante : combattre au côté de la femme de l’Apocalypse contre les ennemis de notre salut. Quelle grâce pour nous de redécouvrir notre noble, immortelle et éternelle vocation ! ELLE nous appelle, dans sa miséricorde infinie, à travailler au triomphe de Son Cœur Immaculé ; Elle nous permet de devenir « chasseurs d’âmes » et nous fait produire « des fruits éternels » d’une éternelle récompense, parce que « ce que nous avons fait pour les autres, nous le faisons deux fois, trois fois et plus pour notre propre bien ».

Saint Maximilien nous enseigne que tout cela est important ; cependant, ce n’est pas le plus important ! En fait, le concept central dans la MILITIA IMMACULATAE n’est pas le « chevalier », mais l’Immaculata. Dans le certificat des chevaliers (mały dyplomik), les premiers mots employés sont les citations que nous trouvons aussi dans l’acte de consécration : « Elle écrasera la tête de Satan » et « Vous seule avez vaincu toutes les hérésies dans le monde entier ». Si vous vous trouvez dans l’atelier d’un grand artiste et que vous admirez ses merveilleux chefs-d’œuvre, vous serez plein d’éloges pour l’artiste, vous admirerez ses talents et ses remarquables réalisations ; vous ne penserez pas à ses outils, à ses stylos et crayons. Si vous entrez dans une maison si propre qu’elle brille, vous serez plein d’éloges pour la maîtresse de maison et ne serez pas intéressé par les balais et les chiffons qu’elle a utilisés pour nettoyer.

Dans la M.I. presque rien ne se rapporte à nous, mais TOUT se rapporte à ELLE ! ELLE est tout dans la M.I., ELLE est tout dans notre vie, ELLE est « notre vie, notre douceur et notre espoir ». La M.I. se rapporte à la découverte la plus étonnante et la plus exceptionnelle ; une découverte qui apporte tant de lumière dans nos ténèbres, tant d’éternité dans notre néant, tant de joie dans notre triste vie, tant de sensations palpitantes dans notre train-train banal et morose, tant d’AMOUR dans notre âme froide et sans cœur.

Et quelle est cette découverte ? Que DIEU qui nous a créés, qui a décidé de nous donner le bonheur éternel, qui est venu lui-même pour nous sauver, nous convoque à un endroit où l’Incréé touche le créé et s’est uni lui-même à une nature humaine. Ce lieu, il l’appelle le « Saint des Saints », le sanctuaire qui sera à jamais « sa maison créée ». Quelle pensée inspirée d’admiration : être admis dans la MAISON DE DIEU SUR TERRE !

Quel est ou plutôt qui est ce lieu, ce lien entre l’éternité et le temps, entre le ciel et la terre ?

Imaginez la majesté de la très sainte Trinité décidant, avant tous les temps, de la création et du salut du monde. Toutes les créatures possibles, il se les représente d’un coup d’œil, comme sur une carte. Il voit tous celles qui seront jamais créés, le nombre presque infini de purs esprits et tous les hommes. Mais ses yeux ne sont fixés que sur ELLE, et ELLE sera la tête de toutes les créatures, la « bénie entre toutes ».

 

ELLE devait devenir une MAISON pour le FILS, dont la maison éternelle est le sein du Père.

« Au commencement, avant toute création, j’ai été conçue ». Dans l’esprit éternel de Dieu, elle devait être la fille éternellement élue du Père, la mère du Fils et l’Épouse du Saint-Esprit.

L’IDÉE éternelle de la Providence divine était de créer le monde, afin que son Fils puisse devenir homme, devenir JÉSUS, à travers qui, en qui et pour qui, toutes choses ont été créées et toutes auraient à retourner à Dieu. Pour réaliser cette IDÉE géniale, Dieu a conçu une autre idée (ou concept), pareillement éternelle, d’un être humain à partir duquel le Fils pourrait prendre sa nature humaine, son corps et son sang et le très Sacré-Cœur : et c’est ainsi que fut conçue, dans sa sagesse éternelle, MARIE, la Mère de la PAROLE éternelle, la maison de Dieu sur la terre !

Quand nous parlons et pensons à ELLE, nous le faisons avec le pauvre outil de notre raison limitée : nous méditons sa nativité de sainte Anne et Joachim, l’Annonciation, Noël, la fuite en Egypte et les années cachées à Nazareth. Nous la suivons discrètement pendant la vie publique de Notre-Seigneur et la retrouvons au pied de la Croix. Et après sa résurrection, nous admirons sa glorieuse assomption et toute les interventions merveilleuses de notre Mère céleste pour aider ses enfants en danger permanent.

Mais nous devrions aussi essayer d’élever nos esprits autant que faire se peut jusqu’aux limites où le temps et l’espace se terminent, et où l’éternité commence, où il n’y a plus de passé et d’avenir, mais un éternel MAINTENANT. Et que nous est-il permis d’y voir ?

LA TRINITE INFINIE qui LA choisit, la première-née de toutes les créatures dans son esprit éternel, plus précieuse et plus grande que les chérubins et les séraphins, tant et si bien que par rapport à elle toutes les autres créatures sont ce qu’un petit lac est à un immense océan. Le chef-d’œuvre de toutes ses œuvres, cependant, sera un être humain, et tous les êtres humains après la chute de leurs premiers parents auront besoin de la rédemption.

Ainsi, ELLE aussi sera rachetée par ce Précieux Sang qui devait être pris d’elle-même. Dieu, en prévoyant le Calvaire, verse le Précieux Sang sur son âme au moment de sa conception : ce Sang bloque en ELLE « l’entrée » au péché originel : « Quand, à la parole de Dieu, l’âme et le corps de Marie jaillirent du néant, les Divines Personnes pénétrèrent en ce même instant leur créature de choix, et leur accueil et leur toucher fut la grâce de l’Immaculée Conception » (P. Faber).

« Voici le tabernacle, la demeure du Très-Haut parmi les fils de l’homme » : entièrement pur, complètement exempt de la moindre ombre d’imperfection, la sainteté créée ! Marie est exempte de tout ce qui pourrait limiter l’action de Dieu dans sa créature.

Être « immaculée » n’est qu’une description négative d’être pleine de grâce, de la plénitude de la vie de Dieu, de la totalité absolue de l’Amour infini de Dieu donné à toutes les créatures. Créée à partir de rien, au moment même de son existence, Marie est élevée aux sphères de la nature de Dieu comme aucune autre créature. Avec la volonté la plus libre, elle se donne à Dieu, elle disparaît de plein gré dans les flots de lumière et de grâce qui submergent son âme, afin que Dieu puisse être « tout en tout ».

La MAISON de Dieu sur la terre est prête : LUI-MÊME peut venir quand il veut ! Il ne trouvera aucun obstacle, mais un désir infini, une entière pauvreté, un vide béant et un cœur immaculé aux battements de l’AMOUR même du Saint-Esprit qui l’a choisie de toute éternité comme épouse.

IMMACULATA signifie : la présence toute sainte de Dieu sur la terre, le plus pur calice rempli des eaux vivantes de la plénitude de la grâce de Dieu, de la vie de Dieu et de l’amour de Dieu. Cet être humain est tellement pénétré par le Saint-Esprit, que tout en elle n’est qu’une transparence de Sa présence et de Son action : ses pensées, ses gestes, ses paroles, son action sont plus les pensées, les désirs, les paroles et les actions du Saint-Esprit que les siennes propres.

Immaculata signifie le sanctuaire sans tâche où le Fils entrera à la plénitude du temps et fera d’ELLE sa propre Mère et Associée dans son œuvre de rédemption. Elle détournera la malédiction de la première Ève qui perdit sa beauté immaculée pour elle-même et pour tous ses enfants. La nouvelle Eve sera non seulement plus immaculée que la première, mais aussi la « mère des vivants » afin d’anéantir la tâche et la souillure du serpent partout où ELLE est autorisée à donner la vie surnaturelle.

Immaculée signifie la Mère et la Reine de tous ceux qui sont rachetés par le Sang de Jésus-Christ, qui les invite tous à se joindre à lui dans sa MAISON sur terre, dans ce sanctuaire qui devient pour eux « un refuge sûr et le chemin qui les conduit à Dieu ».

Tous ces mystères insondables (et beaucoup d’autres) sont contenus dans le simple terme inventé par saint Maximilien Kolbe : IMMACULATA ! Est-ce que nous comprenons maintenant pourquoi il insiste si souvent sur le fait que, au sujet de Ses mystères, nous apprenons plus à genoux, en profonde contemplation, que dans la lecture de nombreux livres savants ?

NOTRE-SEIGNEUR nous invite : « Mon enfant bien-aimé, viens à la maison ! » Et ceux qui, avec admiration, crainte et joie enthousiaste, répondent : « Oui, j’arrive ! » sont appelés ENFANTS DE L’IMMACULATA ! C’est le plus grand cadeau qu’un homme puisse recevoir sur la terre, et nous devrions dire avec une immense gratitude : « Moi, un vagabond exilé et errant, un mendiant, j’ai trouvé ma maison ! »

Mais que signifie donc CHEVALIER DE L’IMMACULATA ? Simplement d’avoir le désir d’amener autant d’âmes possible ‘à la maison’ ! Afin qu’elles trouvent aussi le sanctuaire le plus pur et le plus saint de la terre ! Afin que toutes les âmes puissent trouver la force de lutter contre tout ce qui est souillé (Satan, le péché et le monde pervers), que pendant cette guerre de toute la vie elles trouvent un abri sûr et une MAISON, où elles peuvent se remettre de leurs blessures.

Mais surtout : LE CHEVALIER DE L’IMMACULATA est la présence vivante de l’Immaculée Conception dans le monde : et partout où ELLE apparaît, les ténèbres de l’erreur et les tâches du péché doivent disparaître. En lui et par lui, ELLE répète elle-même ce qu’elle a dit à Sainte Bernadette à Lourdes : JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION ! Et au milieu des interminables épreuves et tribulations de ces temps apocalyptiques, le CHEVALIER apporte à beaucoup d’âmes un rayon de paix céleste et de bonheur éternel: O IMMACULATA !

Abbé Karl Stehlin

Conférence sur la théorie du genre par monsieur l’abbé Olivier Berteaux, Fsspx

 

Le 13 avril 2018, Le Lys et La Croix organisait une conférence sur la théorie du genre donnée par monsieur l’abbé Olivier Berteaux, Fsspx. Nous le remercions généreusement pour son temps et pour la qualité de son intervention et nous remercions également tous ceux qui sont venus nombreux.

De nos jours, la théorie du genre est partout présente, surtout en éducation. Plusieurs personnes peuvent se sentir démunies et ne pas comprendre les fondements, les origines et la valeur de cette théorie pernicieuse. Dans cette conférence, l’abbé Berteaux prend le soin méticuleux de montrer les origines philosophiques rousseauistes de cette théorie et met en lumière les erreurs de celle-ci qui nie la nature humaine.

Nous vous invitons donc à partager au maximum cette vidéo qui se veut bien modestement un remède aux idées mensongères qui circulent malheureusement dans la société.

Sainte Vierge Marie, protégez nos enfants.

Vous trouverez la conférence ici.

Le Lys et La Croix

Intronisation du Sacré-Coeur dans les foyers

Lettre de Sa Sainteté Pie XII au Père Matéo Crawley-Baevey le 11 juillet 1948 

Lettre de Son Eminence le Cardinal G.M. van Rossum, Préfet de la Propagande à Rome, au R.P. Joachim Kaptein SS.CC. Directeur de l’œuvre de l’Intronisation à Ginneken en Hollande

Lettre de Son Eminence le Cardinal Louis Billot, S.J. au Père Matéo Crawley-Boevey le 26 avril 1915

Lettre de Sa Sainteté Benoît XV au Père Matéo Crawley-Boevey

Promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ faites à sainte Marguerite-Marie Alacoque

Catéchisme de l’intronisation

Lettre n° 10 du Père Directeur de la MI – Saint Maximilien Kolbe à saint Grignion de Montfort – 26 février 2018

Chers Chevaliers de l’Immaculée,

Afin de comprendre correctement saint Maximilien Kolbe, nous devons revenir aux sources les plus importantes qui ont mis en forme et inspiré sa vie intérieure : l’histoire de son pays, complètement marqué par la présence de Marie, particulièrement vénérée en Pologne, comme le « Commandant-en-chef » des armées chrétiennes, la Médaille miraculeuse, les apparitions de Marie à Lourdes et en particulier saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Le plus probable est qu’il a rencontré le grand maître de la « parfaite soumission à Marie » pendant ses études à Rome. Ce n’est certainement pas une coïncidence s’il fut ordonné prêtre le 28 avril, la fête de saint Louis-Marie (à cette époque il n’était encore que le bienheureux Louis-Marie), il y a exactement 100 ans.

Il fit connaître saint Louis-Marie en Pologne, imprima et diffusa la première traduction du « Secret de Marie ». Dans la préface, il rédigea une courte biographie et un résumé de la spiritualité de Grignion. Il insista surtout sur la similitude de la situation aux différentes époques auxquelles ils vécurent. À l’époque de st Louis-Marie, les ennemis étaient les jansénistes, aujourd’hui ce sont les francs-maçons et les différentes sectes. La marque distinctive de tous : une haine pour la véritable dévotion à Jésus et Marie. Comme les Chevaliers de l’Immaculée aujourd’hui, Grignion était alors le grand apôtre de la Médiatrice de toutes les grâces. Tel un outil parfait dans ses mains immaculées, il a sauvé d’innombrables âmes des chaines de Satan durant ses célèbres missions. Tout comme aujourd’hui la M.I. fait face aux armées toutes puissantes du mal, Grignion fut aussi exposé au pouvoir puissant de l’ennemi. Souvent seul, abandonné même par ses amis, il devint la cible de la méchanceté et de la jalousie des hérétiques. Et cependant, Grignion et Maximilien ont surtout tiré ensemble la source de leur force et de leur courage : ils ont mis toute leur confiance en Notre-Dame et lui étaient totalement obéissants en tout, toujours et partout et totalement, il n’y a qu’ELLE qui compte !

Il y a cependant une coïncidence encore plus importante : Grignion de Montfort fut certainement inspiré « d’En-Haut » quand il mit en évidence le rôle de Marie à la fin des temps : si la suprématie du dragon et de ses serviteurs est si grande qu’ils peuvent réussir à détruire l’Église et à entraîner presque tous les hommes sur le chemin de la damnation, alors à ce moment la Femme de l’Apocalypse apparaît (Apoc. 12, 1). À travers ses fidèles serviteurs, Elle écrase la tête de Satan et vainc toutes ses attaques, mais surtout, par ses fidèles « apôtres de Jésus et Marie de la fin des temps », Elle reprend à son adversaire une innombrable quantité d’âmes. St Maximilien attire l’attention des Chevaliers de l’Immaculée sur la description par Grignion de ces fidèles esclaves de Marie, qui ne craignent aucun pouvoir, qui vont partout où leur Reine les envoie, qui tiennent le crucifix dans leur main droite, le rosaire dans la main gauche et ont gravé dans leur cœur les noms de Jésus et de Marie.

Il veut que les Chevaliers de l’Immaculée s’identifient aux apôtres de Jésus et de Marie de la fin des temps : « Notre but et les moyens d’atteindre cet idéal (être apôtre de Jésus et Marie) sont en accord complet avec les vues de saint Louis-Marie. Son désir le plus ardent, le désir de toute sa vie, fut d’honorer l’Immaculée en tant que Reine de toute l’humanité, pour transmettre son amour à tous les cœurs battant des hommes. »

Pour cette raison, selon le vœu de saint Maximilien, tous les habitants de la Cité de l’Immaculée, à la fois en Pologne et au Japon, ont fait la consécration selon Montfort. Pour devenir un véritable Chevalier de l’Immaculée dans le sens complet du terme, on doit être son enfant obéissant et son esclave soumis. On ne peut devenir totalement un instrument que si on appartient complètement à l’artiste comme sa propriété.

Il est certainement vrai que saint Maximilien a rendu facile pour chacun de devenir un Chevalier, et ne demande pratiquement rien d’autre que la consécration, une petite prière quotidienne et le fait de porter la Médaille miraculeuse. Néanmoins, il exprime son désir le plus profond que chaque Chevalier se sente investi d’une mission magnifique et incroyablement importante : « Nous devons nous efforcer d’appartenir toujours plus à l’Immaculée, de Lui être obéissants et ainsi d’être son instrument pour qu’Elle puisse nous utiliser comme Elle le veut, afin de sauver autant d’âmes que possible. »

Cependant, ceci est incroyablement difficile, particulièrement de nos jours. Et plus la fin approche, plus le combat devient difficile et dangereux ! Dans de tels moments, nous ne devrions jamais oublier que la moindre chose que nous faisons pour l’Immaculée est généreusement récompensée par Elle. Le premier à être rempli des grâces de l’Immaculée sera son fidèle instrument lui-même. Mes efforts pour la conversion des pauvres pécheurs me bénéficieront à moi d’abord, le plus pauvre des pauvres pécheurs.

Mais quelle est la différence entre les deux consécrations ? Comment sont-elles liées l’une à l’autre ?

Notre-Dame a donné à saint Louis-Marie la grâce de la dévotion véritable et parfaite envers Elle. À travers cette dévotion, Elle devient notre mère et reine dans le sens le plus vrai du terme et nous devenons ses enfants et esclaves. En tant que mère, Elle prend notre main et nous aide à retourner à Dieu, pour sauver nos âmes, pour nous libérer des pièges du diable et nous accrocher à Jésus-Christ. De cette manière, nous accomplissons nos vœux de baptême et commençons à remplir le commandement de Dieu le plus important : l’amour de Dieu par-dessus tout ! Visiblement, la « dévotion parfaite » nous est donnée pour notre propre conversion et sanctification, pour notre relation avec Dieu Lui-même : « Sans ma Mère et Reine, je ne trouverai jamais « la voie, la vérité et la vie ». Même si je les avais trouvées, je les perdrais sûrement à nouveau sans Marie. Mais maintenant qu’Elle dirige le vaisseau de ma vie, Elle va me ramener sain et sauf au port. »

Après le premier commandement majeur sur l’amour pour Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande également de « nous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés », et il appelle ceci son nouveau commandement. Comment est-ce que le Christ nous a aimés ? Il s’est donné Lui-même pour nous sauver de la damnation éternelle et nous conduire à la béatitude éternelle.

Et ici aussi, nous devons nous demander : à quelle fréquence pensons-nous au salut de nos semblables ? Nous ne faisons pas attention à la plupart d’entre eux, les autres nous ennuient et s’il nous arrive de souhaiter du bien à quelqu’un, alors c’est en général pour lui souhaiter « santé, bien-être et succès ».

Là, le Seigneur nous envoie un secours afin que nous puissions de mieux en mieux mettre en pratique le grand commandement de la charité : c’est la Mère aimante, la Reine, qui après le Christ, aime tant tout le monde, chacun d’entre nous plus que l’amour de toutes les meilleures mères du monde pour leurs propres enfants chéris. De plus, le Christ Lui a donné toutes les grâces afin que ces gens soient convertis et sauvés. Mais maintenant Dieu souhaite également que nous participions à cette œuvre. C’est pourquoi, nous avons reçu un autre sacrement, la sainte confirmation, qui nous imprègne du Saint-Esprit, non seulement pour notre propre sanctification, mais aussi pour devenir les soldats du Christ et pour participer à l’édification du Corps Mystique du Christ.

Pour ne pas gâcher les grandes grâces du sacrement de confirmation et pour finalement entrer dans l’armée du Roi et suivre son appel, le Seigneur nous envoie l’Immaculée afin que nous devenions ses Chevaliers, que nous rejoignions sa petite armée et L’aidions à sauver les âmes de ses enfants, autant que possible. Et voici la Reine du Ciel vient à moi comme une mendiante et me demande humblement : « Mon enfant, J’ai besoin de toi ! Veux-tu M’aider à sauver mes enfants, les âmes immortelles ? Tant d’âmes sont perdues pour toujours parce qu’il n’y a personne qui prie ni ne fait de sacrifices pour elles » (voir l’apparition du 19 août 1917 à Valinhos).

Pour cette mission, l’Immaculée nous a envoyé son serviteur, qui nous enseigne à sauver les âmes, en tant qu’instruments et pour répandre de plus en plus les grâces de la sainte confirmation : saint Maximilien Kolbe a fondé la Militia Immaculatae pour mettre le monde entier à ses pieds, afin qu’ »Elle puisse écraser partout la tête du diable et puisse vaincre les hérésies à travers le monde ».

Comme l’amour du prochain se construit sur l’amour de Dieu et le présuppose, et comme la confirmation se base sur le baptême, le présuppose et le complémente, ainsi toute l’œuvre de saint Maximilien est basée sur la consécration totale à Marie selon Grignion, comme son extension et son complément. En d’autres termes, pour compléter la consécration entière à Marie selon saint Louis-Marie, on recourra à la consécration de saint Maximilien. Seulement à ce moment-là, notre existence entière pourra être rendue entièrement dépendante de Marie, pénétrée par sa présence et la plénitude de sa grâce : non seulement notre relation avec Dieu mais aussi notre relation avec notre semblable ; non seulement notre propre sanctification mais aussi la mission que nous avons reçue de Dieu dans ce monde, c’est-à-dire être le champion du Christ pour l’expansion de son Royaume. Notre chemin vers le Ciel, nos luttes sur terre pour le salut des âmes : tout sans exception, tout Lui appartient, tout comme Elle appartient à Dieu.

D’un autre côté cependant, cela signifie aussi que le Chevalier de l’Immaculée doit encore et toujours être conscient de ses fondations spirituelles : « Ô ma Reine, victorieuse dans toutes les batailles de Dieu, je peux être votre instrument et votre chevalier dans votre armée, mais seulement dans la mesure où je suis complètement votre enfant et Vous ma Mère, je suis votre esclave et vous ma Maîtresse. »

Pour parler rigoureusement, on ne peut être totalement son Chevalier sans la consécration totale par laquelle nous reconnaissons solennellement Marie comme notre Mère et notre Reine, et ainsi notre dépendance absolue envers Elle en tant que ses enfants et esclaves.

Si vous n’avez pas encore fait votre consécration selon saint Louis-Marie, le Commandant-en-chef voudrait vous inviter à découvrir le secret de la victoire certaine dans toutes les luttes et toutes les batailles. Si vous rejetez cette invitation, vous ne serez jamais un combattant acharné de l’Immaculée. Au contraire, vous serez souvent trop faible pour résister aux attaques des terribles ennemis. De plus, vous ne pourrez rien faire de spécial dans cette bataille, car le général ne pourra compter qu’un peu sur vous, vos armes sont rouillées et vos munitions sont épuisées.

Si vous avez déjà reçu la grâce formidable que la Reine vous accepte comme son esclave et enfant, et qu’Elle est à présent théoriquement capable de vous mener en sûreté au sommet de la perfection, il est très important de renouveler encore et toujours la soumission totale à Marie, au moins une fois par an. [1]

La raison est simple : tant que nous vivons, nous manquerons toujours de la confiance pour comprendre totalement et sérieusement cette dévotion. À travers chaque renouvellement de notre consécration, nous devenons un peu moins misérables et un peu plus fidèles !

Il y a une autre raison : le combat est terrible, nous sommes toujours sur le champ de bataille. Le Chevalier peut être facilement fatigué, surtout quand il est constamment occupé à aider l’Immaculée à sauver les âmes. Le tumulte sans fin nous use. C’est pourquoi la Mère veut nous tirer à Elle, afin que nous puissions nous reposer un instant, tel un enfant sur le cœur de sa mère. Elle veut nous rappeler à nouveau combien Elle nous aime, combien pour nous Elle est une Mère et ce qu’Elle veut de nous (2e semaine de préparation). Elle veut que nous réfléchissions encore et encore sur qui nous sommes, en tant que créatures complètement dépendantes de Dieu, mais aussi en tant que pauvres hommes déchus (1re semaine de préparation). Elle désire surtout nous mener à son Fils, afin qu’à travers Elle, nous puissions Le connaître et L’aimer totalement, et puissions Lui appartenir, Lui qui nous a aimés « sans limite et qui s’est donné pour nous jusqu’à la mort sur la Croix » (3e semaine de préparation).

Le jour de solennité préféré du Père de Montfort est le 25 mars, fête de l’Annonciation, à laquelle tous sont invités à renouveler l’acte de consécration (ou à le faire pour la première fois). La grande solennité de la M.I. est le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, au cours de laquelle nous devons faire le renouvellement de l’acte de consécration pour être son instrument. Ainsi, la préparation et la consécration en tant qu’esclaves tombent en général pendant le Carême, alors que la consécration en tant que Chevaliers tombe pendant l’Avent. Si ceci n’est pas une réminiscence de la Providence, qui de cette manière nous aide à prendre cette magnifique résolution en ces temps de pénitence et de conversion ?…

À part ça, toutes les fêtes de Marie sont aussi convenables pour renouveler nos consécrations à l’Immaculée, une dévotion importante pour que n’oublions jamais notre identité : maintenant et pour toute l’éternité, nous avons le privilège d’être enfants, esclaves et chevaliers de l’Immaculée.

QU’ELLE SOIT LOUEE ET GLORIFIEE pour cette grâce que nous ne méritons pas !

Jakarta, le 26 février 2018.

Abbé Karl Stehlin

[1] Pour le renouvellement annuel de l’acte de consécration, saint Louis-Marie souhaite que nous le préparions pendant trois semaines : « Chaque année, le même jour, vous devriez renouveler la consécration pendant trois semaines après les mêmes exercices. Vous pouvez même la renouveler chaque mois ou même chaque jour en récitant cette courte prière : « Je suis à Vous et tout ce que j’ai est à Vous, mon cher Jésus par Marie, votre sainte Mère. » (Traité n° 233).

Lettres du Père directeur de la M.I.

Voici l’ensemble des lettres du Père directeur de la Milice de l’Immaculée d’observance traditionnelle :

Lettre n° 09 du Père Directeur de la M.I. – 2018, Du Cœur Immaculé de Marie au Sacré Cœur de Jésus – 30 décembre 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée !
L’année du jubilé 2017 touche à sa fin. Beaucoup se demandent ce qui est arrivé cette année. Beaucoup espéraient une intervention spéciale du ciel, pareille au miracle du soleil il y a 100 ans à Fatima. D’autres désiraient ardemment que le troisième secret de Fatima fût révélé en entier et nous souhaitions tous tant que cette année la Russie fût consacrée au Cœur Immaculé de Marie.
Tous ces espoirs furent anéantis. Au contraire, on pourrait dire que les choses n’ont jamais semblé aussi perdues dans l’Eglise. Ainsi on peut craindre que Fatima soit plus ou moins oubliée par beaucoup après cette année.
Mais ceux qui regardent d’un peu plus près doivent avouer que l’Immaculée a beaucoup travaillé durant cette année de jubilé. Au début de cette année, il y avait environ 20.000 chevaliers dans la MI et à la fin de celle-ci, nous sommes reconnaissants de voir que l’Immaculée a répondu à nos prières et a béni nos efforts en rassemblant 100.000 chevaliers autour d’elle.
La pérégrination de Notre Dame de Fatima à travers les Philippines a donné à ce pays d’innombrables grâces, souvent associées aux miracles réels de sa miséricorde. Dans de nombreux pays, la MI s’est épanouie, de pair avec une vie mariale plus profonde pour de nombreux fidèles. Jamais il n’y eut tant de contacts avec des prêtres et des religieux qui, attirés par le mystère de Fatima, ont approché la Tradition.
Si nous regardons d’encore plus près, il y a une grâce très spéciale que l’Immaculée nous a donnée : quiconque a fait un sérieux effort cette année, a été introduit plus en avant dans le mystère de son Cœur. Combien avons-nous reçu de témoignages de ce genre : « Jamais auparavant n’avais-je compris Marie si profondément…. Jamais auparavant n’ai-je fait autant l’expérience de son amour que cette année … Plus que jamais, je réalise combien elle est nécessaire dans ma vie entière… Mieux encore qu’auparavant, je pus vivre ma consécration à Elle ! »
Cette année de Fatima fut la révélation de ce qui est le plus précieux en Marie : son Cœur Immaculé, plein de grâce ; son Cœur donné à nous, ce qui signifie qu’elle souhaite donner à chacun des grâces de conversion et de sanctification ; elle veut nous tirer en dehors d’une vie de péchés et nous mener vers la sainteté. Le centenaire de la Militia Immaculatae n’a pas seulement suscité de nombreux nouveaux chevaliers mais il a aussi montré à tous les chevaliers combien ils peuvent faire confiance à leur Reine. A travers celle qui est l’Epouse du Saint Esprit, tous les dons et les fruits de celui-ci sont placés dans nos cœurs. Quiconque l’a approchée cette année est revenu plein d’émerveillement envers sa grandeur et sa majesté, envers son pouvoir royal, son amour maternel et sa grande miséricorde.
Mais il serait erroné de penser : « Nous avons assez médité sur Marie, et maintenant il faut quelque chose d’autre. » « Tout était centré sur Fatima l’année dernière, maintenant il faut changer. »
AU CONTRAIRE : en pénétrant dans les profondeurs du Cœur Immaculé de Marie, nous découvrons le secret de Son Cœur Maternel. Quel est-il ? Toute la gloire et l’honneur qui lui sont faits, elle doit nécessairement les transférer à son Fils : le désir le plus profond du Cœur Immaculé et l’objectif même de tous les sanctuaires et apparitions de Marie sont de nous introduire dans le mystère du Sacré Cœur de son Fils.
Et ceci nous amène à la nouvelle année 2018, qui doit devenir un voyage de découverte, à proprement parler, durant lequel l’enfant peut trouver le plus grand trésor et la perle la plus précieuse sous la conduite de sa mère. Elle a seulement un souhait : nous plonger dans le Cœur de Dieu, qui nous révèle la largeur et la longueur, la hauteur et la profondeur de Son amour (cf. Eph 3 :18). En fait, personne n’a mieux compris et aime mieux et plus profondément le Sacré Cœur de Jésus que Marie. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucun autre accès au mystère très profond du Sauveur que par le Cœur Immaculé de Marie.
Et nous ne cesserons jamais de nous émerveiller quand nous découvrirons qui est vraiment Jésus, quel est le mystère de SON Cœur. C’est seulement quand nous serons complétement dans le Cœur de Marie, que le Christ nous révélera Ses plus profonds secrets qu’Il a réservés aux petits et aux humbles.
Nous devons alors éviter de concevoir les deux dévotions comme côte-à-côte : d’un côté, la dévotion au Cœur de Marie et de l’autre le culte du Cœur de Jésus ! Non, le vrai regard est le suivant : toujours et entièrement Marie, toujours en elle et à travers elle Jésus ! St Maximilien Kolbe a vu, vécu et enseigné ceci très clairement (voir la prière de consécration à la MI et les conférences en l’honneur du Sacré Cœur de Jésus).
Et ainsi la résolution de nouvelle année No. 1 :
– Toujours avec Marie, totalement dépendant d’elle, totalement abandonné à elle, complétement son enfant, esclave et chevalier proche du cœur de Jésus ;
– Développer la dévotion au Cœur de Jésus avec Marie (Vendredi du Sacré Cœur, Mois du Sacré Cœur, Fête du Sacre Cœur, etc.) ;
– Cette année, faire solennellement ou renouveler la consécration entière à Jésus par Marie selon St. Louis Marie Grignon de Montfort (par exemple le 25 mars) ;
– Tendre ses efforts vers le triomphe du Cœur Immaculé pour donner au Christ Roi la plus grande gloire, proclamant et diffusant la royauté universelle et sociale du Sacré Cœur de Jésus ;
– Plus que jamais, être les chevaliers et les instruments de l’Immaculée Conception pour sauver autant d’âmes déchues que possible et les mener au très Saint Cœur de Jésus (voir l’acte de consécration de la MI).
Mais nous devons aller encore plus loin: quand ces deux Cœurs les plus saints seront devenus une réalité pour nous, quand nous serons vraiment devenus fidèles aux cœurs de Jésus et de Marie, nous serons introduits à une réalité encore plus profonde, qui est, l’union des deux Cœurs. Si nous avons la possibilité de reconnaître et d’aimer des choses aussi ineffablement profondes, si nous pouvons voir comment ces deux Cœurs se tournent l’un vers l’autre dans un amour indescriptible, s’unissent, fusionnent, quand nous regardons la relation de ces deux Cœurs l’un envers l’autre, que faire sinon se plonger dans le silence de l’adoration ?
Ici nous contemplons le pinacle de l’AMOUR : dans le très Saint Cœur de Jésus, tout l’amour de Dieu pour le monde est révélé, dans le Cœur Immaculé de Marie, tout l’amour de la créature pour Dieu est révélé ! Les cœurs unis sont le symbole de l’union éternelle de Dieu et de la créature. Le triomphe de l’amour !
Et ici nous avons aussi atteint l’essence de la Militia Immaculatae, que nous souhaitons présenter aux chevaliers pour une contemplation affectueuse pendant l’année 2018. Quand nous regardons l’emblème de la MI, nous voyons les cœurs de Jésus et de Marie et la MI au milieu de ces deux cœurs !
Vient ainsi la résolution No. 2 :
– Par Marie vers Jésus, mais aussi avec Jésus vers Marie! Ce cercle de l’un à l’autre, cette fécondation croisée, est dépeinte de manière très belle et très profonde dans le livre de l’Abbé Emil Neubert « Mon Idéal Suprême, Jésus, le Fils de Marie ». Cette année, nous voulons garder ce livret à la main et le parcourir encore et encore ;
– Je suis conscient du fait que la chose la plus importante que moi, en tant que chevalier, je peux apporter à l’humanité est décrite ici : je suis heureux de porter le badge de la MI et d’honorer la bannière de la MI et de m’unir à l’apostolat de la MI ;
– Jeûner une fois par mois, si possible en l’honneur des Cœurs unis de Jésus et Marie, car le jeûne est la source de nombreuses grâces pour nous et pour les âmes qui nous sont confiées. Chaque premier vendredi du mois (dédié au Sacré Cœur) pourrait devenir jour de jeûne de la MI (sur une base volontaire) ;
– Par la pratique constante de « se garder pur et sans tâche dans ce monde » (Jacques 1 :27). La prière qui exprime l’amour de Jésus et Marie mais aussi des âmes est particulièrement recommandée : Jésus, Marie, je vous aime, sauvez les âmes !
Et ainsi, en 2018, non seulement nous n’oublierons pas les trésors du message de Fatima et de la MI, mais nous le contemplerons plus en profondeur et le mettrons davantage en pratique, car tout ceci nous a été donné pour rendre à Dieu la plus grande gloire et pour mettre le plus d’âmes possibles aux pieds du Cœur de Jésus à travers l’Immaculée !
Singapour, le 30 décembre 2017
Abbé Karl Stehlin, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Qui était Martin Luther ?

Pour le 500e anniversaire de la Réforme protestante, le Pape et plusieurs diocèses ont tenu à rendre hommage à Martin Luther, l’auteur de cette réforme. Pour savoir s’il est adéquat d’honorer ce personnage, permettons-nous une brève biographie de Luther.

QUI ÉTAIT MARTIN LUTHER ?

Luther naquit en Allemagne en 1484. La foudre ayant tué un de ses compagnons pendant qu’il se promenait avec lui, il fut tellement frappé de cette mort qu’il entra chez les religieux Augustins. Là, il lut les livres de l’hérésiarque Jean Hus et conçut une haine violente contre l’Église romaine. Ardent, impétueux, plein de lui-même, il répandit bientôt sa bile et son poison dans des thèses qu’il fit soutenir en 1516. Le pape Léon X ayant fait publier une indulgence en faveur de ceux qui contribueraient à l’achèvement de l’église de Saint-Pierre à Rome, Luther leva le masque et attaqua les indulgences, puis la liberté de l’homme, puis la confession, puis la primauté du Pape, puis les vœux monastiques. Le souverain Pontife condamna ses erreurs dans une bulle de 1520. Pour toute réponse à cette bulle, le moine apostat la fit brûler publiquement à Wittemberg.

Ce fut alors qu’il publia son livre De la captivité de Babylone. Après avoir déclaré qu’il se repent d’avoir été si modéré, il expie sa faute par toutes les injures que le délire le plus emporté peut fournir à un hérétique. II exhorte les princes à secouer le joug de la papauté; il supprime tout d’un coup quatre sacrements. Comme ces audacieuses tentatives excitaient de vives réclamations, Luther, afin de se donner un air de bon droit, prit pour juge la faculté de Théologie de Paris, dont il avait toujours révéré la profonde science. La faculté le condamna d’une voix unanime. Le moine hérétique entra en fureur et vomit contre elle de grossières injures.

Henri VIII

Dans le même temps, Henri VIII, roi d’Angleterre, publia contre lui un ouvrage qu’il dédia au pape Léon X. Cet écrit valut au prince anglais le titre de défenseur de la foi que ses successeurs ont conservé et gravé sur leurs monnaies. Luther furieux eut recours à sa réponse ordinaire, les injures. Voici un échantillon des aménités et des politesses qui découlaient de sa plume : « Je ne sais si la folie elle-même, disait-il, peut être aussi insensée que la tête du pauvre Henri. Oh! que je voudrais bien couvrir cette majesté anglaise de boue et d’ordure; j’en ai bien le droit; venez, monsieur Henri, je vous apprendrai.»

Renfermé dans un château, sous la protection de Frédéric, électeur de Saxe, le fougueux apôtre écrivait toutes les folies qui lui passaient par la tête. Il dit entre autres qu’il avait eu une conférence avec le diable, et que celui-ci lui avait révélé que pour se sauver il devait supprimer les messes basses; et il écrivit contre les messes basses.

Cependant, Luther était trop resserré dans son château pour y rester plus longtemps. II se répandit dans l’Allemagne et pour avoir plus de sectateurs, il dispensa les Prêtres, les religieux et les religieuses du voeu de continence, dans un ouvrage où la pudeur est offensée en mille endroits. Après avoir fait un appel à l’impudicité, Luther en fit un à l’avarice : il publia un ouvrage en 1522, intitulé : Traité du fisc commun. Il engageait les princes à s’emparer des revenus de tous les monastères, des évêchés, des abbayes, et en général de tous les bénéfices ecclésiastiques. L’appât du butin fit plus de prosélytes à Luther que tous ses livres. Son parti se grossit rapidement de tout ce qu’il y avait d’hommes impurs et de princes ambitieux : il s’étendit dans une grande partie de l’Allemagne.

Le fondateur du nouvel Évangile quitta vers ce temps-là le froc d’Augustin, et l’année d’après, 1525, il épousa une religieuse qu’il avait fait sortir de son couvent. Bientôt il donna au monde chrétien un spectacle encore plus étrange! Il accorda publiquement à Philippe, landgrave de Hesse, la permission d’épouser deux femmes.

Charles Quint

L’empereur Charles-Quint, affligé de ces excès scandaleux, convoqua une diète ou assemblée de princes allemands, à Spire, en 1529. Les Luthériens y acquirent le nom de Protestants, pour avoir protesté contre le décret de la diète qui ordonnait de suivre la Religion de l’Église catholique. Luther n’en devint que plus fougueux. Chaque année il publiait quelque nouvel écrit contre le souverain Pontife, ou contre les princes ou les théologiens catholiques. Voici un nouvel échantillon de son style : il appelait Rome la racaille de Sodome, la prostituée de Babylone ; le Pape un scélérat qui crachait des diables, les Cardinaux des misérables qu’il fallait exterminer. « Si j’étais maître, écrivait-il, je ferais un même paquet du Pape et des Cardinaux pour les jeter tous ensemble dans la mer ; ce bain les guérirait, j’en donne ma parole, j’en donne Jésus-Christ pour garant. » Quant aux théologiens catholiques, il en parle avec la même douceur ; ses injures les plus légères sont : bête, pourceau, épicurien, athée, etc. Il était avec ses propres sectateurs aussi emporté qu’avec les Catholiques : il les menaçait, s’ils continuaient de le contredire, de rétracter tout ce qu’il avait enseigné, menace bien digne d’un apôtre du mensonge. Les disciples de Zwingli, ayant eu le malheur de lui déplaire, il dit : « Le diable a pris possession d’eux ; ce sont des gens endiablés, superendiablés, perendiablés ; leur langue n’est qu’une langue de mensonge, remuée au gré de Satan, infusée, transfusée de son venin infernal. » Enfin, dans sa fureur, il se disait des injures à lui-même : il disait qu’il était rempli de diables, qu’il était satanisé, persatanisé, etc. D’un apôtre de la vérité est-ce là le langage ?

Depuis son apostasie, sa vie se passa en déclamations furibondes et en débauches. On conserve encore une Bible, à la fin de laquelle on voit une prière en vers allemands, écrite de la main de Luther, dont le sens est : « Mon Dieu, par votre bonté, pourvoyez-nous d’habits, de chapeaux, de capotes et de manteaux, de veaux bien gras, de cabris, de boeufs, de moutons, de génisses et de tous les moyens de satisfaire nos passions… Bien boire et bien manger est le vrai moyen de ne pas s’ennuyer. » Cette prière, où l’indécence, l’impiété, la luxure, la gourmandise, se disputent la palme, donne une juste idée du chef de la prétendue réforme. Il mourut en 1546, à soixante-deux ans.

Moine apostat et corrupteur d’une religieuse, ami de la taverne et de la bonne chère, impie et bouffon, qui mit le premier l’Église en feu sous prétexte de la réformer , et qui, pour preuve de son étrange mission, laquelle demandait certainement des miracles du premier ordre, présenta, comme Mahomet, les succès du sabre, le progrès du libertinage, les excès de la discorde, de la révolte et de la cruauté, du sacrilège et du brigandage : tel fut Luther.

Mgr Gaume, Catéchisme de Persévérance, Tome 6, p.266.

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Gaume/Table.html

Lettre n° 08 du Père Directeur de la M.I. – 16 octobre 2017

Chers Chevaliers de l’Immaculée,
Il y a exactement 100 ans, Saint Maximilien Kolbe avec la permission de son supérieur a fondé la Militia Immaculatae. Il n’y a pas de meilleur moyen de commémorer cet événement mémorable que de laisser le fondateur parler lui-même :
“BEAUCOUP D’EAU est déjà passée sous les ponts : tout cela arriva il y a presque 18 ans, et donc j’ai déjà oublié bon nombre de détails.
Cependant, puisque le Père Gardien (Kornel Czupryk) me demande de raconter les débuts de la MI, j’en ferai une description que ma mémoire me permet de rappeler.
Je me souviens avoir parlé avec les frères clercs à propos de l’état déplorable de notre Ordre et à propos de son avenir. Et dans ces moments, l’idée suivante me venait à l’esprit : soit le reconstruire soit le détruire. Je ressentais une tristesse profonde pour ces jeunes gens qui venaient souvent à nous avec les meilleures intentions et la plupart du temps perdaient leur idéal de sainteté dans la confrérie même. Et pourtant je ne savais pas bien quoi faire.
Laissez-moi remonter un peu plus dans le temps.
Je me souviens toujours que quand j’étais un petit garçon j’avais acheté une statue de l’Immaculée pour cinq kopeks. Et au séminaire mineur, où nous assistions à la Messe dans le chœur, mon visage prosterné à terre, je promettais à la Très Sainte Vierge, dont l’image dominait l’autel, que je me battrais pour elle. Mais comment ? Je ne le savais pas encore. Cependant, j’envisageais un combat avec des armes matérielles.
Pour cette raison, quand le temps fut venu pour moi d’entrer au noviciat, je me confiai au Père Supérieur, Père Dionizy (Sowiak), de sainte mémoire, de cette difficulté que j’avais à entrer dans la vie religieuse. Il transforma ma décision en un engagement à réciter le “Sub tuum praesidium” chaque jour. J’ai continué à réciter cette prière jusqu’à ce jour, même si je comprends maintenant quel type de bataille l’Immaculée avait à cœur.
Bien que je fusse très incliné à l’orgueil, je me sentais irrésistiblement attiré par l’Immaculée. Dans ma petite cellule, sur mon prie-Dieu, j’avais toujours gardé l’image d’un saint à qui l’Immaculée avait apparu. Et je me tournais souvent vers elle dans mes prières. En voyant cela, un frère me dit que je devais être très dévoué à ce saint.
Quand à Rome, les francs-maçons commencèrent à sortir au grand jour, en brandissant leurs bannières sous les fenêtres du Vatican, représentant sur des bannières noires les disciples de Giordano Bruno, St Michel Archange écrasé sous le pied de Lucifer et insultant ouvertement le Saint Père dans des tracts de propagande, la pensée me vint de créer une association engagée à combattre la Franc-Maçonnerie et autres serviteurs de Lucifer. Pour être certain que l’idée venait de l’Immaculée, je pris conseil de mon directeur spirituel à cette époque, Père Alessandro Basile, un Jésuite, confesseur ordinaire des étudiants du Collège. Ayant obtenu son assurance de sainte obéissance, je me mettais au travail.
Entre temps cependant, nous déménageâmes à la confrérie “Vigne” qui est à environ 20-30 minutes à pied du Collège, pendant la période des vacances. Pendant un match de football, du sang commença à sortir de ma bouche. Je me mis à l’écart et m’allongeai sur l’herbe. Frère Girolamo Biasi, de sainte mémoire, prit soin de moi. Je crachais du sang pendant un bon bout de temps. Peu après, je me rendis chez le docteur. Je me réjouissais à l’idée que peut-être j’étais déjà à la fin de ma vie. Le docteur m’ordonna de retourner (au Collège) en bus et de me mettre au lit. Les médicaments arrivaient à peine à arrêter le sang de couler. Pendant ces jours-là, le jeune et pieux Frère Girolamo Biasi, de sainte mémoire, venait me voir.
Deux semaines plus tard, le docteur m’autorisa finalement à sortir pour la première fois. En compagnie d’un autre prêtre, Frère (Giovanni) Ossanna, je me rendis à la “Vigne”, bien qu’avec grand-peine. Quand les prêtres me virent, ils se réjouirent et étaient de bonne humeur, et ils m’apportèrent des figues fraîches, du vin et du pain. Après avoir eu quelque chose à boire et à manger, mes douleurs et crampes cessèrent et pour la première fois, je mentionnais l’idée de débuter une association au Frère Girolamo Biasi et au Père Iosif Pal, qui avait été ordonné prêtre avant moi, bien que nous ayons été élèves la même année en théologie. Cependant, je stipulais que chacun devait tout d’abord consulter son directeur spirituel, afin de s’assurer que cela était bien la volonté de Dieu.
Ayant retrouvé une partie de mes forces, je fus envoyé à Viterbo en compagnie du Frère Antoni Głowiński, mon collègue, pour une période de repos supplémentaire. A cette occasion, Frère Antoni Głowiński rejoint la MI. Peu après, Frère Antonio Mansi, si je me souviens bien et Frère Enrico Granata, tous deux prêtres de la Province de Naples rejoignirent le mouvement également.
Personne au Collège ne connaissait l’existence de cette association à part ceux qui appartenaient à la MI. Seul le Recteur, Père Stefano Ignudi, en sa capacité de Supérieur, était au courant de l’existence de la MI. De notre côté, nous ne faisions rien sans sa permission, car cela était une preuve d’obéissance et la volonté de l’Immaculée. Ainsi, avec l’assentiment du Père Recteur, le 16 octobre 1917, la première réunion des sept premiers membres eut lieu, c’est-à-dire :
(1) Père Iosif Pal, jeune prêtre de la Province Roumaine
(2) Frère Antoni Głowiński, diacre de la Province Roumaine (mort le 18 octobre 1918)
(3) Frère Girolamo Bias, de la Province de Padoue (mort en 1929)
(4) Frère Quirico Pignalberi de la Province de Rome
(5) Frère Antonio Mansi, de la Province de Naples (mort le 31 octobre 1918)
(6) Frère Enrico Granata, de la Province de Naples
(7) Moi-même
La réunion se tint la nuit, en secret, dans une cellule éloignée et scellée construite en utilisant des murs provisoires. Face à nous se tenait une petite statue de l’Immaculée entre deux bougies allumées. Frère Girolamo Biasi fit office de secrétaire. Le but de cette première réunion était de discuter du “Programme de la MI” (le certificat de la MI), et ceci dans la mesure où le Frère Alessandro Basile, qui était également confesseur du Pape (Benoit XV), avait promis de demander au Saint Père la bénédiction de la MI. Frère Basile cependant ne tînt pas sa promesse et nous obtinrent notre première bénédiction orale du Saint Père par l’Evêque Mgr. Dominique Jaquet, professeur d’histoire ecclésiastique à notre Collège.
Pendant plus d’un an après cette réunion, la MI ne fit aucun progrès. En réalité, toutes sortes de difficultés s’étaient amoncelées au point que les membres étaient gênés de la mentionner entre eux. L’un d’entre eux tenta même de convaincre les autres que la MI était quelque chose d’inutile. Ce fut à ce moment que, par un signe extraordinaire de sélection, l’Immaculée rappela à ses côtés le Père Antoni Głowiński et dix jours plus tard, le Frère Antonio Mansi, tous deux victimes de la grippe espagnole. Quant à moi, l’état de mes poumons empira : chaque fois que je toussais, je crachais du sang. Et ce fut quand tout commença à changer. Ayant été exempté d’école, je pris l’opportunité de recopier le “Programme de la MI” et de la donner au Très Révérend Père Général (ou plutôt au Vicaire Général, Père Domenico Cavani), afin d’obtenir sa bénédiction par écrit. “S’il y avait au moins 12 comme vous…, “ dit le Très Révérend Père. Il mit par écrit sa bénédiction et dit à haute voix son désir (je crois bien en cette occasion particulière) que la MI se propage parmi la jeunesse.
Les adhésions commencèrent à augmenter à ce moment-là et augmentèrent constamment depuis. En cette période de fondation de la MI, notre activité, mis à part les prières individuelles, consistait à distribuer des médailles de l’Immaculée, appelée “Médaille Miraculeuse”. A une occasion, Son Eminence nous donna de l’argent pour en acheter. » P. Maximilien Kolbe
Ce serait presque une profanation que de commenter ce récit si simple, humble et réellement surnaturel. Apprenons de ces lignes précieuses toutes les vertus et la générosité du premier Chevalier de l’Immaculée, en particulier :
1/ La compréhension et l’appréciation surnaturelle de toutes les tentatives et les douleurs, en union avec Notre Seigneur et Notre Mère des Douleurs
2/ La conviction absolue que l’efficacité de l’armée de Notre Mère dépend entièrement de la soumission parfaite à la volonté de l’Immaculée, exprimée clairement par l’obéissance surnaturelle envers ses supérieurs.
3/ L’humilité du fondateur qui se mit à la dernière place, convaincu de sa totale insignifiance
4/ L’intelligence, que Notre Dame et seulement Notre Dame peut sauver l’idéal de sainteté dans l’Eglise et nous préserver de la tiédeur et de l’indifférence ; Elle est également notre seul et dernier espoir quand nous faisons face aux pires ennemis de l’Eglise et de Notre Seigneur, les francs-maçons et leur immense pouvoir mondial ;
5/ L’expérience, que tout ce qui est grand et plaisant aux yeux de Notre Seigneur doit naître et grandir dans les épreuves, les contradictions et les défaites apparentes ;
6/ L’importance des “amis du ciel”, l’Eglise triomphante : plus nous leur demandons d’aide et attribuons nos succès à leurs intercessions, plus nous recevrons de bienfaits
Souvenez-vous également, qu’à cette occasion de la fondation de la MI, chaque Chevalier doit obtenir une indulgence plénière, un autre signe des bénédictions du Ciel.
Commençons ce deuxième siècle de la Militia Immaculatae avec un désir ferme de suivre les pas de notre Saint Fondateur, afin d’aimer l’Immaculée en cherchant efficacement à toujours et partout se rendre agréable à Elle ainsi que de réaliser Sa Volonté.
Avec ma bénédiction,
Manille, 16 octobre 2017
Abbé Karl Stehlin

Pèlerinage Notre-Dame de Fatima, La Pocatière

Afin de souligner les cent ans de l’apparition de la Vierge Marie à Fatima, la FSSPX organisait un voyage au Portugal. Puisque la majorité des fidèles du Québec étaient incapables de se rendre en Europe, Le Lys et la Croix organisa un pèlerinage plus près de chez nous, au Sanctuaire de Fatima à la Pocatière. Une journée mémorable.